Post-Mortem: La substitution du corps de Napoléon: mythe ou réalité?


Introduction:


1821


Le 5 mai 1821, Napoléon meurt.

L'après-midi du 6 mai, Antommarchi pratique l'autopsie mais sur ordre du gouvernement anglais le corps n'est pas embaumé. Le cœur et l'estomac sont retirés et placés dans des vases remplis d'esprit de vin puis le corps est lavé à l'intérieur et à l'extérieur.
Marchand et Ali habillent alors l'Empereur de son uniforme de colonel des chasseurs de la Garde.

Le 7 mai, 16h, on prend le masque.
A 19h, l'Empereur est placé dans son cercueil.

Le 9 mai ce sont les obsèques.
A 10h l'abbé Vignali célèbre la messe et l'office des morts.
A 11h le cortège s'ébranle.
L'inhumation a lieu vers midi.


1840


Le 15 octobre 1840 à minuit, 18 Français se trouvent rassemblés autour de la tombe impériale et les travaux d'excavation commencent à la lueur vacillante des lampes. Après 13 heures d'intense labeur, la caisse mortuaire est transportée sous la tente qui est prévue à cet effet. Le moment est empreint d'émotion. Les différents cercueils sont ouverts les uns après les autres jusqu'à ce que l'on atteigne le dernier. Dans quel état va-t-on découvrir l'Empereur mort 19 ans plus tôt et non embaumé ? La surprise est grande : Napoléon est intact.

Le 15 décembre 1840, le corps de Napoléon est transféré aux Invalides.
Napoléon repose désormais, selon son voeu, sur les bords de la Seine.


Suspicion de substitution.


Quels indices permettent à certains de douter?


Les témoins de ces événements ont écrit des mémoires, fait des comptes rendus, écrit des lettres à propos de ce qu'ils venaient de voir.
Et leurs témoignages ne concordent pas toujours.
De plus, l'état de conservation du corps en interpelle plus d'un.

Voici les principaux points qui intriguent, à divers degrés:

- Les décorations
- Les bas de soie, mis en 21 et manquants en 40
- Les bottes décousues identiquement aux deux pieds alors que tout le reste est en parfait état de conservation
- Les éperons manquants
- Le corps en meilleur état de conservation en 40 qu’en 21
- Les dents d’une parfaite blancheur en 40
- La barbe et les cheveux qui repoussent
- Les vases baladeurs (contenant le cœur et l’estomac)
- Les jambes fléchies en 40
- Le nombre de cercueils
- Le visage de l'exhumé ressemble au masque mortuaire de Napoléon et le masque ne serait pas celui de l'Empereur.
- Le cercueil exhumé en 1840 et le corbillard de 1821.

Le tableau comparatif des témoignages de 1821 et de 1840

Les développements accessibles par les liens sont des indications, des propositions d'explications, des pistes à envisager.
Nous ne voulons favoriser ici aucune théorie plutôt qu'une autre, nous laissons chaque lecteur se forger sa propre idée.
Si vous désirez réagir, n'hésitez pas, les discussions ne sont pas closes.



Les documents


Voyez les écrits des témoins de l'inhumation (mai 1821) et de ceux de l'exhumation (octobre 1840).
Les récits de l'autopsie et autres rapports médicaux.
Le journal de Darling
Le rapport de Millington
Récits de l'exhumation.



Etude (en cours)


L'état du corps.



Les légendes.



Extrait du "Tombeau de Napoléon" du colonel Pol Payard (1929)




LES LÉGENDES.

Il y a des légendes qu’il faut détruire.
Beaucoup de gens s’imaginent que Napoléon a été embaumé et que l’on a pu, et même qu’on peut le voir.

D’autres prétendent que le sarcophage est vide, et qu’on n’a fait, à Sainte-Hélène, qu’un simulacre d’exhumation pour donner satisfaction à l’opinion publique. Le corps de ‘Empereur aurait, d’après eux, été rapporté en Angleterre par Hudson Lowe lui-même, et le roi Georges IV l’aurait fait inhumer à Westminster ! Il est inutile d’insister sur la fantaisie de cette légende qui laisserait supposer que tous les témoins français et anglais de l’exhumation ont été les complices d’une pareille supercherie, et qu’aucun d’eux n’en a soufflé mot dans ses mémoires.

D’autres encore s’imaginent que Napoléon est dans un cercueil de cristal !

D’après certains fantaisistes, on voit le visage de l’Empereur à travers une glace de cristal. Il est probable que cette dernière légende tire son origine de la reproduction du cercueil d’ébène exposé à l’île d’Elbe et dans le couvercle duquel on a pratiqué une ouverture vitrée permettant de voir une figure de cire rappelant le masque impérial.
(cf le récit de Richepin)

Des journaux d’Amérique ont prétendu, enfin, que Napoléon avait été enlevé de Sainte-Hélène au mois de février 1819, à la suite d’une expédition préparée à la Nouvelle-Orléans par un aventurier nommé Laffitte. II serait mort, en route, sur le voilier la Comète et son corps enterré près de la Nouvelle-Orléans. II aurait été remplacé à Sainte-Hélène par un sosie lui ressemblant de façon frappante.
C’est ce sosie qui serait mort le 5 mai 1821.
Cette histoire est une puérilité !
Comment supposer qu’un homme ait pu jouer, sans une seule erreur, un rôle aussi difficile pendant plus de deux ans, sans que la supercherie ait été découverte. Quant à admettre que tous les familiers de Sainte-Hélène aient été complices de la substitution, c’est leur prêter une mentalité singulière et l’obligation de continuer de souffrir en exil, en rendant les honneurs impériaux à un homme qui n’était pas Napoléon.

Tout cela prouve que les imaginations, friandes de romanesque et de merveilleux, ne cessent, même encore aujourd’hui, de travailler, quand il s’agit de l’être exceptionnel qui terminait sa vie à Sainte-Hélène. Mais le roman n’est pas l’histoire, encore moins la vérité.





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