Post-Mortem: Présentation de masques de Napoléon: le masque Arnott.


Le professeur Dr Frantz Stadmuller en 1951 a fait une "expertise du masque Arnott" suite à une demande de deux jeunes allemands de Munich .
Voici son analyse:

TEXTE de l'expertise du Professeur Dr Franz Stadmuller



Les masques mortuaires de Napoléon 1er ont deux origines différentes. On connaît le masque en plâtre établi 40 ou 46 heures après la mort de l'Empereur, survenue le 5 Mai 1821, par le médecin anglais Dr Burton avec l'aide du médecin corse Dr Antommarchi. Ce masque montre un visage très creusé. On a peine à y reconnaître les traits de Napoléon. Étant donné qu'originairement on considérait qu'Antommarchi en était le seul auteur, ce masque est connu sous le nom de "Masque Antommarchi". Un second masque est, par contre, très peu connu. Il aurait été établi six heures après la mort, à l'aide d'un négatif en cire de chandelle par le médecin anglais, le Dr Arnott. Le positif de ce masque est creux et fait avec une sorte de plâtre à dorure recouvert de cire. La couverture du verso porte une inscription. Un exemplaire de ce masque se trouve, depuis un certain temps déjà, en possession d'un particulier Français. Un second exemplaire en aurait été découvert et acquis,il y a quelques années chez un antiquaire de Munich par deux munichois, MM Alfred Haller et Anton Veister.

En ce qui concerne le masque Antommarchi (moule creux de la tête entière), un morceau de la partie centrale du visage (nez et contours ) a sans doute été volée au Dr Burton par Antommarchi, de sorte que les autres pièces du négatif ont perdu leur valeur. Antommarchi se servit du morceau central volé pour établir un moulage du visage de l'Empereur qu'il compléta et qui est connu sous le nom de "masque mortuaire de Napoléon". Au moment de l'établissement du masque, le corps était déjà en très mauvais état, de sorte qu'il n'y a pas lieu de s'étonner de l'aspect creusé des traits. Le front est bombé et très étroit au dessus des yeux, la partie inférieure du visage est nettement fuyante, comme cela se produit souvent pour des masques mortuaires de mauvaise qualité, à la suite de la décomposition des tissus et du retrait consécutif de la mâchoire inférieure. Pour des raisons diverses, l'authenticité de ce masque a été souvent mis en doute. Son existence n'a été révélée qu'en 1833. D'après tout ce que l'on sait d'Antommarchi, il ne peut être considéré comme une personnalité digne de confiance. Ce masque, sous des formes quelques peu différentes les unes des autres, est assez répandu. Le soi-disant "masque Sankey" semble d'ailleurs lui être également apparenté.

En ce qui concerne le masque Arnott pris en secret (empreinte du visage seulement), il n'existe aucune preuve que le moulage ait été effectivement exécuté. Les deux formes de ce masque Arnott, l'exemplaire de Munich et celui qui se trouve en possession d'un particulier français, sont très semblables, de sorte qu'on peut considérer qu'elles ont été établies d'après le même original. L'existence de ce masque avait été tenue très secrète par Arnott (mort en 1855), ce qui est assez plausible, étant donné sa situation de médecin militaire anglais. De ce fait ce masque est presque inconnu.
Dans ce masque Arnott (et ceci vaut pour les deux exemplaires), le front est très droit, large et plat avec un petit renforcement, quelques centimètres au-dessus de la naissance du nez. Contrairement au masque Antommarchi, il présente l'aspect d'un beau visage calme, plongé dans un sommeil paisible, bien ressemblant à Napoléon. La partie inférieure n'est pas fuyante. Le visage a une plénitude due peut-être à une mentonnière mise au mort. La personne d'Arnott peut-être considéré comme digne de foi. Chacun des deux exemplaires du masque Arnott a son histoire particulière, mais entre les deux, il y a une certaine analogie. D'autres exemplaires existeraient encore, entre autre le masque dit "Bolsano" et le masque "Pasolini" qui ont pour le moins une grande ressemblance avec lui.

Selon les autorités françaises, l'authenticité du masque Arnott est bien davantage contestable que celle du masque Antommarchi. Mais il ne saurait y avoir de doute sur le peu de valeur de celui-ci en tant que portrait de l'Empereur, vu qu'une infime partie seulement a été véritablement moulée et que le reste a été reconstitué. Le Baron de Saint Pôl (1895) considère que le masque Arnott est authentique et les propriétaires des deux exemplaires indiqués partagent également cet avis. Le masque Antommarchi et le masque Arnott sont très différents l'un de l'autre.
La découverte de l'exemplaire de Munich m'a donné l'occasion de procéder à d'exactes analyses de profil, à des essais de "couverture" et à des essais pratiques du procédé de moulage. Le masque Antommarchi et le masque Arnott ont été comparés sur photographies (illustration N°1) et il a été fait l'essai d'appliquer l'exemplaire de Munich du masque Arnott, de même que le masque Antommarchi (photographié de profil et de face comme aussi de trois quarts) sur une série de beaux portraits connus de Napoléon. On a choisi au total 32 portraits (22 de profil, 7 de face, 3 de trois quart). Cette méthode ne permet naturellement pas d'apporter la preuve que le masque Arnott est bien celui de Napoléon.(possibilité d'une falsification en se servant d'un "sosie" ou contrefaçon, liberté dans la représentation de Napoléon).
Il n'a été procédé aux comparaisons que pour se rendre compte si le masque Arnott pouvait être celui de Napoléon 1er et pour expliquer les grandes différences existant entre les deux masques. Il en résulte le soupçon que le masque Arnott a été quelque peu déformé par suite de l'emploi d'une cire non adéquate (légère accentuation de la forme droite du front et bombement du haut de celui-ci, par côté, léger avancement de la partie inférieure du visage .. Ce soupçon repose sur le résultat d'un examen pratique du procédé du moulage en cire - le renforcement au dessus de la naissance du nez s'explique par une empreinte de doigt).
Les examens auxquels il a été procédé ont abouti aux principaux résultats suivants:


Essai d'ajustement du masque de Munich (Arnott) et masque Antommarchi (ce dernier en pointillés)


A ) - les deux visages, le masque Arnott (dans ses deux exemplaires) et le masque Antommarchi peuvent avoir été moulés sur le même visage, mais le masque Arnott, établi peu de temps après la mort, montre de légers défauts dans la partie du front et dans le bas du visage, par suite d'une déformation du négatif en cire (intervenue au moment où le masque a été retiré du visage du mort et pour des raisons de conservation). Le masque d'Antommarchi qui n'a été établi qu'environ 40 heures après le décès de l'Empereur montre sa seule partie authentique (Centrale), des altérations dues à la décomposition du corps, c'est à dire des déplacements des parties molles, par suite de la pression exercée par le plâtre, lors de l'établissement du moule creux. Quant aux parties du front et au bas du visage, elles ont été librement reconstituées.

B) - Il est possible que les deux masques aient été moulés sur le visage même de Napoléon 1er (et ceci est même probable pour le masque Arnott).
Résultats très satisfaisants des essais de "couverture" avec les plus importants portraits de l'Empereur: portrait de Milan, portrait de la messe aux Tuileries, buste de Houdon (illustration N° 2), dessin par Arnott représentant Napoléon sur son lit de mort.

Résultats satisfaisants avec les portraits de Dutertre, Ingres, Girodet, Dean, Dahling, Canova, Baron Gérard (illustration N°3), Guillaume, Parent, David (illustration N° 4).
En ce qui concerne le masque Antommarchi, son authenticité paraît même établie en ce qui concerne sa partie centrale. Par contre le front et le bas du visage ont probablement été ajoutés ultérieurement d'après des portraits de l'Empereur, en accusant de nombreux défauts. La plupart du temps les essais de "couverture" ont donné des résultats très peu satisfaisants. Ces essais n'ont été satisfaisants que pour 3 portraits sur 32 (de Durtertre, le buste de Houdon, le dessin de Marryat représentant Napoléon sur son lit de mort, portraits qui ont été vraisemblablement été utilisés pour servir de modèles à la reconstitution des parties indiquées. De plus, le masque Antommarchi accuse dans sa partie centrale des altérations dues à la décomposition du corps et n'a donc qu'une valeur réduite en tant que portrait de l'Empereur .

C ) - La différence entre les deux masques s'explique par les altérations consécutives à la décomposition du cadavre, par la différence du moment choisi pour l'établissement du négatif et, en ce qui concerne le masque Arnott, par une légère déformation du négatif de cire .


Essai d'ajustement du masque de Munich (Arnott) et du buste de Houdon (ce dernier en petits traits)
Essai d'ajustement du masque de Munich (Arnott) et du portrait du Baron Gérard
Essai d'ajustement du masque de Munich (Arnott) et du portrait de David


Nota :- Sous l'influence des écrits de Frédéric Masson et d'Octave Aubry, le Professeur Dr Stadmuller donne au Dr Burton le premier rôle dans l'opération du 7 mai; il croit que la partie centrale du masque fut volée à Burton par Antommarchi. En fait, l'empreinte du visage de Napoléon ayant été prise pour la famille de l'Empereur n'était pas plus la propriété de Burton que celle d'Antommarchi. La Comtesse Bertrand représentant la famille avait assisté à l'opération et ce fut elle qui s'empara du bloc central et le remit à Antommarchi.

Source: Cet article est paru dans "la science historique " en 1954.



© BBea53




Masque du Dr. Arnott, par Diana.



6 heures après la mort de Napoléon cela nous porterait aux toutes premières heures du 6 mai.
Ce serait donc vers ce moment là que le docteur Arnott aurait fait un moulage du visage de l'Empereur avec de la cire de chandelle.
Dans ses Mémoires, Antommarchi écrit ce qui suit :

Citation:
«« Il y avait six heures qu’il était sans vie ; je le fis raser, laver, et le plaçai sur un autre lit… ""


Restons au conditionnel et posons-nous cette question qui mettrait en peu en doute les informations concernant la prise du masque :

- Les compagnons de Napoléon auraient-ils laissé seul le corps de l'Empereur, donnant ainsi la possibilité au Dr Arnott de prendre « en secret» l’empreinte de son visage ? Personnellement, j’ai quelques doutes.

Le masque aurait été pris à l'aide d'un négatif en cire de chandelle qu’un peu plus loin on qualifie de cire non adéquate. Que veut-on faire sous-entendre par cire non adéquate, qu’il ne s’agit pas de cire d’abeille, ou que le matériel employé n’était pas de la cire ?


Citation:
il n'existe aucune preuve que le moulage ait été effectivement exécuté.


En effet surtout vu la complexité de la cire vierge d’abeille.

Les souvenirs des travaux en cire que l’on nous faisait réaliser en cours, remontent à pas mal de décades et il s’agissait avant tout de moulages d’objets de petites dimensions. Pour cela nous employions des pains de cire d’abeille non blanchis, que l’on chauffait jusqu’à environ 63/64ºc, au bain-marie, prudence oblige. Devenue liquide elle était versée ensuite dans des moules ou matrices entre autre en plâtre que nous avions faits, pour en sortir les positifs des objets copiés.

Voici pourquoi, je vois difficilement le Dr. Arnott employant de la cire liquide pour faire une empreinte de la face de Napoléon.

- Il agissait probablement seul pour garder le secret.

- Où et comment s’est-il procuré le nombre de chandelles nécessaires pour son projet sans se faire remarquer.

- La petite cuisine pour fondre un quantité suffisante de cire demande du temps et de la prudence, les brûlures sont vite faites et le danger de voir s'enflammer la cire est omniprésent et de plus il faut la garder fluide durant toute l'opération.

- À environ 60ºc, la verser sur le visage du modèle, afin d'obtenir une couche suffisamment épaisse pour pouvoir être employée comme matrice et tout cela sans laisser des coulées sur les draps et des traces de brûlures sur la peau.
En refroidissant la cire devient molle pour passer, vers les 30ºc, au stade malléable. En tentant d'ôter l'empreinte une pression un peu trop forte la déformerait irrémédiablement et rendrait le moulage difficile sans retouches compliquées qui risqueraient de la rendre définitivement inutilisable.
La température de la pièce devrait tourner autour des 20/24ºc ce qui garderait, encore pendant un peu de temps une certaine malléabilité à la cire.

Citation:
Le visage a une plénitude due peut-être à une mentonnière mise au mort.


- Comment ce fait-il que l'empreinte de la trame du tissus n’apparaît pas sur le positif? La cire fondue s'infiltre dans les plis et mailles du tissus et s'y incruste, pas facile à enlever une goutte de cire sur une nappe, n’est-ce pas mesdames, et dans ce cas, la matrice aurait collé. Pour la détacher de la mentonnière il aurait fallu l'en arracher mais en y laissant une partie encore tendre du négatif, ou en emportant tout simplement la mentonnière pendant l’opération.
Bien entendu ce ne sont que des hypothèses, mais d'autres détails me chipotent encore.


Pour infos ,voici l'article paru il y a 55 ans dans l'intermédiaire des chercheurs et des curieux -Décembre 1952
"-Le masque mortuaire de Napoléon 1er. Dans une brochure tirée à 100 exemplaires en 1938, intitulée Le masque Mortuaire de Napoléon, M Pascal Antommarchi étudiant le masque moulé par son ancêtre, écrit à ce propos de celui du docteur Arnott: Notre exposé serait incomplet si nous passions sous silence la découverte faite le 14 novembre 1931, par une personnalité de Cannes, d'un masque en cire pris en secret à Sainte-Hélène, à l'aube du 6 mai, par le docteur anglais Arnott. Les conditions dans lesquelles l'opération aurait été effectuée offrent si peu de consistance et sont en telle opposition avec les événements qui se sont déroulés après la mort de l'Empereur, qu'il ne nous paraît pas possible d'admettre que cette découverte puisse retenir l'attention. (Signé :M Lacombe de Lapeyrouse)
BBea53


Ce petit article confirme, en 1931, les soupçons d'authenticité du masque d’Arnott. Rappelons que le travail de la cire est une activité manuelle peu fréquente, assez dangereuse et, surtout, assez compliquée à réaliser seul et dans les circonstances qui nous occupent.

Franchement je ne m’imagine pas le dr. Arnott faisant fondre, pendant quelques petites heures des bougies dans une casserole, trimballant la cire liquide de la cuisine vers la chambre où gît l'Empereur, tout seul, la verser sur le visage de Napoléon sans tout cochonner et sans que les compagnons de Napoléon s'en aperçoivent. La cire en fondant dégage une odeur très caractéristique de miel fondu.

(pour vous donner une petite idée, pour fondre au bain-marie un petit bloc de cire d’abeille qui remplissait un peu moins qu’un pot de confiture, il m’a fallu 57 minutes et la cire liquide obtenue n’aurait certainement pas recouvert le visage d’une personne adulte. Étalée à plat sur un marbre elle n'avait pas plus de 15cm de long sur 10 de large et 2cm d'épaisseur).

Oublions donc la prise d’un moule en cire, vu la température très élevée qu’elle doit atteindre et surtout la garder égale durant toute l’opération et parlons un peu d’une autre cire qui, elle, aurait pu servir pour faire non pas un moule, mais un positif. Il existe des cires à modeler et à sculpter permettant de la travailler et la remodeler comme on le ferait avec la terre glaise. Lorsque le prof. Stadmüller disait que la cire du dr. Arnott n’était pas adéquate faisait-il allusion à ces types de cires ?




Juste après le décès de Napoléon, le dr. Arnott réalisa un croquis de l'Empereur sur son lit de mort. En regardant ce croquis on croirait y voir le masque. C’est à se demander si ce croquis ne servit point de modèle pour réaliser, par la suite, le masque qui est la copie conforme du dessin. Le profil de Leroux également a pu servir d’inspiration pour celui qui aurait modelé ou sculpté le masque. Avec l’inscription au dos du plâtre, on peut attribuer ainsi au dr. Arnott la réalisation de ce masque.
Cette inscription aussi est assez particulière et un peu sophistiquée, elle est en relief semble-t-il ce qui laisse penser qu’elle a été faite avec une sorte de cachet travaillé en creux et à l’envers, de plus Arnott n’a qu’un seul « T » et la date porte MAI avec un « I »au lieu de MAY avec « Y » comme en anglais et de plus, le masque apparaît mystérieusement à Cannes.




Le Dr. Arnott aurait-il eu de tels dons ? Si oui, pourquoi a-t-il estropié son nom et mal écrit la date? Quelqu’un se basant sur le croquis l’aurait-il réalisé à son insu ? Ou, pourquoi pas, fabriqué peu de temps avant sa mystérieuse découverte en 1931 ?

Les hypothèses sont multiples et laissent à chacun la possibilité de fantasmer un peu sur l’authenticité des masques.


© Diana


Note biographique.






Le docteur Archibald ARNOTT est le plus jeune fils de George Arnott et de Janet Knox. Il naquit en Ecosse le 18 avril 1772. Il fit ses études de médecine à Edimbourg et obtint le poste d’aide chirurgien au 11ème dragons. Dix-huit mois plus tard il fut promu assistant chirurgien au 20ème régiment d’infanterie dans lequel il restera tout au long de sa vie aventureuse.
Le Docteur Arnott comme chirurgien militaire, lors des nombreuses batailles qu’affrontent les hommes du 20ème, il aura à mettre en pratique toute sa science et expérience pour soigner les blessés et les malades.

Son régiment servit en Hollande, en Méditerranée et en Indes. Le 20ème combattit également en Espagne avec Wellington après sa retraite à la Corogne où il fut témoin de la mort et présent lors des funérailles de Sir John Moore.

De retour du Portugal le régiment participa à l’expédition de Walcheren mais une fièvre décima une partie des hommes. De retour en Angleterre, deux ans furent nécessaires pour une récupération totale.

En 1819, après avoir servit en Irlande, le 20ème régiment d’infanterie partit pour Sainte Hélène afin de renforcer la garnison de l’île, la surveillance de l’illustre prisonnier étant la bête noire du gouvernement anglais. En plus des 2784 hommes de la garnison, six bricks sillonnaient nuit et jours les eaux autour de l’île, tandis que dans le port trois frégates et deux vaisseaux armés se trouvaient perpétuellement prêts à appareiller en cas d’une éventuelle évasion ou tentative de libération.

N’ayant pas une confiance démesurée dans les médecins, Napoléon refusait toute approche et soins du corps médical présent quel qu’il soit, Arnott compris. Grâce à la confiance et l’amitié des Bertrand pour Arnott qui fût leur médecin de famille, Napoléon commença à apprécier cet homme frisant la cinquantaine et qui avait connu bien des champs de batailles. Arnott visitait fréquemment Longwood où, très probablement, l’empereur trouvait en cet homme un interlocuteur valable et parler des batailles vécues.

Ce n’est cependant qu’en avril 1821 que le Dr. Arnott vint à Longwood comme médecin de Napoléon et sous la demande expresse de Hudson Lowe, vu l’aggravation de la maladie du prisonnier.

Présent à la mort de Napoléon, il participa à l’autopsie et fut désigné comme gardien responsable de la dépouille et des deux vases renfermant le cœur et l’estomac de l’empereur et cela jusqu’à sa mise au tombeau.

Après la mort de l’empereur, le régiment servit aux Indes mais en 1826 le Dr. Arnott revint en Ecosse pour raison de santé. Malgré les deux ans de convalescence qu’on lui avait autorisé à prendre, très vite on lui donna l’ordre de rejoindre son régiment, mais il quitta définitivement l’armée comme demi solde le jour de Noël 1826, après 27 ans dans le même régiment et 31 ans dans l’armée.

Il reçut la médaille Péninsulaire à dix palmes :
Egypte, Madia, Vunera, Corogne, Vitoria, Pyrénées, Nivelles, Hortis, Nive et Toulouse

À la mort de son oncle il acheta le demeure de Kirkconnel Hall où il était né. Jamais il ne fit allusion à la prise d’un éventuel masque mortuaire. Il ne se maria jamais et mourut à l’âge de 83 ans.
Il fut enterré dans le petit cimetière de Ecclefechan dans le Dumfriesshire et sur sa tombe on pouvait lire l’épitaphe suivante :

At Saint Helena he was the medical attendant
Of Napoleon Bonaparte whose esteem he won
And whose last moments he soothed.


(À Ste Hélène il fut le médecin de Napoléon Bonaparte dont il gagna l’estime et dont il adoucit les derniers moments.)

© Diana, d'après le British Médical Journal.



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