Napoléon et sa famille: Marie-Louise.


Biographie



Marie-Louise d'Autriche est née le 12 décembre 1791 à Vienne (Autriche) et morte le 17 décembre 1847 à Parme (Italie).
Impératrice des Français de 1810 à 1814, puis duchesse souveraine de Parme, Plaisance et Guastalla jusqu'en 1847.
Fille aînée de l'empereur François Ier d'Autriche, elle est donnée en mariage en 1810 à l'empereur des Français et roi d'Italie, Napoléon Ier, pour sceller le traité de Schönbrunn entre la France et l'Autriche, après la défaite de celle-ci lors de la bataille de Wagram en 1809.
Rejoignant à contrecœur la cour impériale des Tuileries, Marie-Louise commence rapidement à apprécier sa nouvelle position bien que les Français ne l'aiment pas et qu'elle ne se sente pas chez elle dans ce pays qui, vingt ans auparavant, a décapité une autre archiduchesse autrichienne, sa grand-tante Marie-Antoinette.
Quand Napoléon est vaincu par la sixième coalition, Marie-Louise décide de ne pas le suivre dans son exil à l'île d'Elbe, mais rentre avec son fils à la cour de Vienne.
À l'issue des Cent-Jours et de la défaite décisive de Napoléon à Waterloo, l'impératrice, pour mieux défendre les intérêts de son fils, décide de rester fidèle à sa famille d’origine, les Habsbourg-Lorraine. Le congrès de Vienne lui accorde, en 1815, les Duchés de Parme, Plaisance et Guastalla. Elle n'a alors que 24 ans.

Source: Wikipedia.





La famille impériale peinte par Josef Kreutzinger en 1808.
Marie-Louise est la jeune fille assise à droite.
Source:Wikipedia.



Nodie (cliquez pour voir en grand)



Le mariage.



Adieux de Marie-Louise à sa famille, par Pauline Auzou, 1812.
Source:Wikipedia.




Arrivée de Marie-Louise à Compiègne, par Pauline Auzou, 1812.
Source:Wikipedia.





Avril 1810: billet d'invitation au mariage de Napoléon et de Marie-Louise.



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Merci à Diana.





Mariage religieux de Napoléon et de Marie-Louise dans le Salon carré du Louvre, par Georges Rouget.
Source:Wikipedia.



Petites anecdotes.



Nuit de noces


..."L'empereur attira Mgr Fesch dans une encoignure de fenêtre.
-Le mariage par procuration est-il valable aux yeux de l'église?
- Oui, Sire.
- Nous sommes donc mariés, l'impératrice et moi?
- Parfaitement, Sire!...
Napoléon respira largement et sourit.
- Merci!
Puis il congédia l'évêque, Caroline et les dames de compagnie et s'approcha de Marie-Louise.
- Que vous a-t'on dit à Vienne?
L'impératrice rougit un peu:
-D'être à mon mari tout à fait et de lui obéir en toutes choses...
Cette fois, Napoléon se frotta les mains...
- Fort bien, dit-il. Dans ce cas, déshabillez-vous et couchez-vous, je reviens.
Et tout frétillant, il alla dans ses appartements pour quitter son uniforme, prendre un bain et se parfumer. Un quart d'heure plus tard, nu sous sa robe de chambre, il réapparaissait chez Marie-Louise.
...Tandis que Napoléon donnait ainsi - et avec sa fougue habituelle - une première leçon d'amour à l'impératrice, les invités attendaient toujours le moment de passer à table.....
Comme il paraissait impossible que les souverains se fussent permis d'aller dîner en cachette quand tout le monde les attendait, quelqu'un demanda :
- Mais où sont-ils?
A ce moment, le général Bertrand arriva, essouflé :
-Il paraît qu'ils sont couchés!
Cette fois, les ducs, les duchesses, les maréchaux, les barons se considérèrent avec effarement. Jamais, de leur mémoire de courtisan, on n'avait vu une nuit de noces se dérouler de façon aussi désinvolte..."

Guy Breton - Napoléon et Marie-Louise - Pages 26-27-28-29 - Editions Presses de la Cité - 1980.

Merci à Marlène.


Le "voyage de noces de Napoléon et Marie-Louise"

La lune de miel du couple impérial ne fut que de courte durée : De mauvaises nouvelles parvenaient à Napoléon au sujet du Blocus continental. L’interdiction du commerce avec l’Angleterre, introduite par le Décret de Berlin, en 1806, serait transgressée de toutes parts !
Le bien fondé de cette mesure résultait de la destruction de la flotte française par les Anglais à Trafalgar, en 1805. Il s’agissait de faire rendre gorge à l’ennemi d’outre-Manche en boycottant son commerce avec le continent. Mais le barrage dressé tout autour de l’Europe présentait de nombreuses fissures. La contrebande n’avait cessé, permettant l’acheminement en Europe, et jusqu’au cœur de la cour impériale à Paris, de produits anglais. C’était surtout via la Hollande que ce négoce de contrebande s’exerçait. Aussi prit-on prétexte de faire découvrir à la jeune impératrice les régions du nord de la France et les territoires de Hollande annexés pour décider et organiser un grand voyage. Il fut donc convenu que l’on prendrait la route de Saint-Quentin pour se rendre à Cambrai, où l’on irait voir le nouveau canal en construction ; puis par Valenciennes, on continuerait sur Bruxelles. Par les cours d’eau, on ferait bien ensuite un détour par la Zélande.
Lorsque l’on prit la route, le 27 avril, à Compiègne, les voyageurs formaient un groupe brillant. Le couple impérial s’était fait accompagner par les souverains de Westphalie, par le prince Eugène de Beauharnais et par la reine Caroline de Naples. Du côté autrichien, il y avait l’oncle, le grand-duc de Wurzbourg, le prince Schwarsenberg et pour une partie du trajet, le comte de Metternich.
Marie-Louise était ravie de ce « voyage de noce ». Elle s’imaginait parcourant paisiblement tout le plat pays, s’arrêtant dans des hôtels confortables, faisant étalage de toutes nouvelles toilettes que venait de lui offrir l’empereur. Bref, ce serait une longue partie de plaisir.
Mais elle dut rapidement déchanter. Le « voyage de noce » ne fut guère un voyage d’agrément. Au lieu de la grasse matinée et du petit déjeuner au lit et au lieu qu’ils puissent s’habiller à l’aise, on les réveillait brusquement à l’aube, parfois dès quatre heures du matin, lorsque Napoléon avait fixé le départ à cinq heures. À l’arrivée à l’étape, par des chemins cahotants, c’était chaque fois la déception. Ou bien « le logement était très quelconque et pas propre » ou bien s’était « un vacarme continuel dans la cour » ou encore, on était dérangé par des « odeurs épouvantables »…sans oublier les fatigues des péripéties du voyage lui-même. Sur le canal de Cambrai, on avait pris deux embarcations ; il faisait écrasant de chaleur sous le soleil, et ce fut « plus morts que vifs qu’on passa le premier tunnel ». Dans le deuxième, on avait failli chavirer, car « le gros prince Schwarzenberg se penchait tellement, tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, que le bateau prit l’eau et que nous en eûmes les jambes mouillées jusqu’aux genoux »…
À l’étape, pas question de pouvoir se retirer et se détendre : le travail ne faisait que commencer. L’empereur, évidemment, semblait ne jamais connaître la fatigue et participait à des réceptions interminables, tandis que pour Marie-Louise « ces audiences étaient à en mourir : l’on devait rester tout le temps debout. » À peine à table pour manger, il fallait faire vite pour assister au bal qui suivait.

Des scènes dignes d’une comédie de Shakespeare se produisaient parfois en chemin. Entre Breda et Bois-le-Duc, on progressait si lentement que, dans l’après-midi, on n’avait pas encore mangé. Affamée, Marie-Louise écrit : « l’heure du déjeuner était passée depuis bien longtemps. Il était près de deux heures et l’Empereur ne me permettait jamais de manger dans la voiture, pour la bonne raison, disait-il, qu’une femme n’a pas besoin de manger. » Comme la Catarina de la Mégère apprivoisée de Shakespeare, Marie-Louise, furieuse et outragée, proteste : « J’étais de si méchante humeur que l’Empereur se fâcha ; mais ça m’était bien égal, et je le laissai hurler à son aise, sans lui répondre. Pour se calmer, les hommes n’ont d’autres remèdes, ce sont des êtres insupportables. » Aussi se promettait-elle : « si je reviens dans un autre monde, je ne me remarierai certainement pas. »

Et elle poursuit, tout comme dans Shakespeare : « dans le vent et sous une pluie battante, traversant sans le moindre arrêt de longues et mornes plaines, l’Empereur, qui pourtant n’avait jamais trop chaud, ouvrit les fenêtres toutes grandes, simplement pour m’agacer. »

C’est dans un climat de nervosité générale que se poursuit le voyage. À Berg-op-Zoom, on ne pouvait atteindre les chambres qu’occupait le couple impérial que par une échelle. Napoléon, cette fois, le prit très mal, et Marie-Louise rapporte : « comme il ne pouvait rejeter les torts sur personne des nôtres, sa colère retomba sur le dîner. Il trouva quelque chose à redire sur tous les plats : « Quel ignoble ragoût ! Si seulement il y avait du gigot. » Le gigot apporté, il dit : « si seulement il y avait de la salade. » On lui en servit également. Quand il eut compris qu’il n’aurait jamais satisfaction, il alla se coucher. »

Le but premier du voyage était essentiellement politique et l’objectif aurait été largement atteint, du moins selon la presse française. Par contre, du côté autrichien, on disait que Napoléon n’était guère satisfait des résultats. Partout, il n’aurait reçu que des plaintes au sujet du fonctionnement du Blocus continental et des requêtes concernant les espoirs de paix. Dans son journal de voyage, Marie-Louise note que, lors d’une réunion à Middelbourg, Napoléon a « terriblement crié » et, le 12 juin, Schwarzenberg écrit à Metternich que l’accueil fait à Napoléon, sinon à l’Impératrice, avait été plutôt froid.
Finalement, c’est le premier juin que le couple rejoignit Saint-Cloud, par Bruxelles, Ostende, Dunkerque et Rouen.

Paris fit fête pour saluer le retour des souverains. Les soirées de gala se succédaient. D’abord, une grandiose réception diplomatique au cours de laquelle les ambassadeurs et représentants étrangers exprimèrent leurs vœux à l’empereur et à l’impératrice.
La saison des fêtes devait se clore par une grande soirée à l’ambassade d’Autriche, la plus prestigieuse de Paris….

Extrait du livre de Irmgard Schiel, MARIE-LOUISE, Une Habsbourg pour Napoléon - Éditions : Les racines de l’histoire – 9 mai 1998

Merci à Diana


Besoin naturel


..."Il faisait nuit lorque la berline de leurs Majestés s'arrêta devant l'escalier du château de Compiègne.
Marie-Louise, vêtue d'un long manteau de velours et coiffée d'une toque ornée de plumes de perroquet, descendit à petits pas et d'une façon un peu sautillante qui étonna l'assistance.
Puis elle s'appuya sur le bras de Napoléon et gravit les marches du perron avec le même air agité.
Enfin, elle arriva dans le salon où deux fillettes vinrent, assez gauchement, lui présenter des fleurs et lui dire un compliment. Pendant toute cette scène, l'impératrice n'arrêta pas de sauter d'un pied sur l'autre en montrant un sourire crispé.
Quand elle eut remercié, on la vit se pencher pour dire quelques mots à sa dame de compagnie, Mme de Montebello. Aussitôt celle-ci lui fit un signe et, sans se soucier des courtisans qui attendaient d'être présentés, l'entraîna à vive allure vers le fond des appartements.
En voyant passer ainsi leur nouvelle impératrice coudes au corps, certains se prirent à regretter les manières plus douces et élégantes de Joséphine. Habitués à considérer les membres de la famille impériale comme des demi-divinités, ils ne pouvaient supposer que Marie-Louise s'en allait tout simplement et tout bourgeoisement faire pipi...

(Edouard GACHOT - "Marie-Louise intime" : "Un besoin de se mettre à l'aise la commandait")..."

Merci à Marlène.


Quatre ans de vie commune avec Napoléon.



Marie-Louise, impératrice des Français. Portrait par Robert Lefèvre.
Source:Wikipedia.




L'impératrice Marie-Louise. Miniature de Jean-Baptiste Isabey.
Source:Wikipedia.




L'impératrice Marie-Louise veillant sur le sommeil du roi de Rome. (Franque Joseph, 1811).
Source:Wikipedia.




La régente Marie-Louise avec son fils. François Gérard, 1813.
Source:Wikipedia.



Le départ de Marie-Louise


Redevenu plus calme, Napoléon sembla se rattacher à la vie, en songeant à sa femme et à son fils. Un de ses derniers visiteurs dévoués, M. de Beausset, préfet du palais, venait précisément de lui apporter une lettre de l’impératrice. Dans cette lettre, dont les termes étaient fort affectueux, Marie-Louise lui témoignait le désir d’aller prochainement le rejoindre. Napoléon se berçait de l’espérance qu’une fois en possession de son duché de Parme, l’impératrice pourrait venir avec son fils s’établir auprès de lui à l’île d’Elbe, et la perspective de cette vie de famille, à laquelle il avait été jusqu’alors assez indifférent, lui apparut comme une certitude de bonheur calme et tranquille pour l’avenir. Mais il ne devait pas lui être permis de voir se réaliser ce rêve, les puissances coalisées ayant pris la résolution cruelle de garder en quelque sorte comme otages sa femme et son fils.

Marie-Louise était alors sincère dans son désir d’être réunie à son mari. Elle comptait même beaucoup sur l’empereur d’Autriche, son père, pour avoir raison des obstacles qu’on semblait vouloir apporter à cette réunion. De Blois, où les frères de l’Empereur l’avaient conduite pour l’empêcher de tomber, elle et le roi de Rome, entre les mains de la coalition, elle retourna à Rambouillet afin de voir son père qui s’y était rendu de Paris pour l’embrasser. En route, elle eut la douleur de se voir enlever par des agents du nouveau gouvernement une douzaine de millions provenant de l’épargne de son mari, toute son argenterie et une partie de ses diamants. On s’empara de toutes ces richesses comme ayant été dérobées au trésor de l’Etat. La femme de Napoléon, l’impératrice Marie-Louise traitée comme une voleuse ! Quelle ironie du sort !

Son père n’avait pu lui épargner cet outrage. Elle apprit de sa bouche qu’il ne fallait pas songer à rejoindre, quant à présent du moins, l’époux auquel jadis elle avait été donnée comme un gage de paix entre la France et l’Autriche. Docile aux conseils paternels, elle reprit le chemin de Vienne, quittant, en fugitive, cette France où elle était venue pour ceindre la couronne impériale. Elle ne savait pas sans doute que, dans sa principauté de Parme, elle se consolerait facilement de sa grandeur déchue et de sa séparation d’avec l’époux que la politique lui avait donné, que la politique lui ôtait et qu’elle ne devait plus revoir.

HISTOIRE DU PREMIER EMPIRE
1804 - 1814
Ernest Hamel
E.DENTU Editeur
1882


Merci à Diana



Le 23 avril 1814, le voyage de retour de Marie-Louise en Autriche commence. Le 2 mai, elle franchit le Rhin et quitte la France.
Elle pense trouver un appui à Vienne, un royaume à Parme et quelques séjours sur l'île d'Elbe avec son mari.
À Vienne, Marie-Louise est d'abord accueillie par de grandes démonstrations d'affection. Elle conserve cependant l'intention de rejoindre l’Empereur dans son île, elle lui écrit : « je me console avec l'idée que tu penses quelques fois à moi mais ne devrais je pas désirer [que tu puisses] m'oublier ; tu n'aurais pas d'inquiétudes tandis que moi, tourmentée, t'aimant plus tendrement que jamais, je passe des journées entières à me désespérer de ne pas te voir ».
Peu après, sa sérénité commence à gêner l'opinion publique et sa famille parce qu'elle se montre affligée par le malheur de son mari. En juin 1814, François Ier accorde des vacances à Marie-Louise dans la ville thermale d'Aix-les-Bains ; elle est alors accompagnée par un général en qui son père a toute confiance, Adam Albert de Neipperg. Le but véritable de sa mission est de tout faire pour empêcher l'impératrice de rejoindre Napoléon. Neipperg, qui a parfaitement compris, dit en partant : « Dans six semaines, je serai son meilleur ami et dans six mois son amant », il ne faudra pas si longtemps.
Vers la fin du mois d'août, la duchesse de Colorno, nouveau titre de Marie-Louise, aspire à retourner à Vienne pour discuter de son avenir et de celui de son fils. Napoléon lui écrit qu'il l'attend sur l'île d'Elbe en septembre, mais Marie-Louise n'a pas envie d'y aller, de plus elle ne saurait s'y rendre sans le consentement de son père. Pendant le voyage de retour par la Suisse, Marie-Louise exprime les sentiments d'amour qu'elle éprouve pour Neipperg et ils deviennent amants dans la nuit du 25 au 26 septembre à l'auberge du Soleil d'Or au Righi.
Elle écrit à Mme de Montebello « Figurez-vous que dans les derniers jours de mon séjour à Aix, l'Empereur m'a envoyé message sur message pour m'engager à venir le rejoindre […] Je n'irais pas pour le moment dans l'isle d'Elbe et je n'irai jamais ».

Source: Wikipedia.




Le comte Adam Albert de Neipperg, second mari de Marie-Louise.
Source:Wikipedia.



La dernière lettre à Napoléon.


Georges Blond, Les Cent-Jours - p.101


L’Empereur […] venait de recevoir une lettre de Marie-Louise, datée du 1r janvier [1815] : « J’espère que cette année sera plus heureuse pour toi, tu seras au moins tranquille dans ton isle et tu y vivras heureux, pour le bonheur de tous ceux qui t’aiment et qui te sont attachés comme moi. Ton fils t’embrasse et me charge de te souhaiter la bonne nouvelle année et de te dire qu’il t’aime de tout son cœur. » Ce devait être la dernière lettre.


Après Napoléon.



La Duchesse de Parme et ses enfants.



Nouvelle duchesse de Parme, elle part pour l'Italie le 7 mars 1816. Son bien-aimé et homme de confiance, Neipperg, se trouve à ses côtés.
Le 1er mai 1817, alors que les médecins français avaient déclaré qu'elle ne pouvait plus avoir d'enfants, elle donne naissance à Albertine.
Le 8 août 1819 naît un fils, Guillaume Albert.
En 1822 et 1823, Marie-Louise donne naissance à deux autres enfants, Matilde et Gustavo, qui meurent presque aussitôt.
Bien évidemment, Marie-Louise ne peut reconnaître ses enfants qui sont illégitimes, et ils ne peuvent donc pas vivre au palais. Cette situation la fait souffrir, parce que leur existence est connue à Parme et à Vienne, où son père vient de se marier pour la quatrième fois avec Caroline-Auguste de Bavière.
Quant à son premier enfant à Vienne, son sort est scellé : il ne doit pas succéder à sa mère sur le trône de Parme, qui doit revenir aux Bourbons à la mort de la duchesse. Marie-Louise écrit à son père : « Il est de mon devoir de mère et ma ferme volonté de voir prendre, alors que je suis en vie, les dispositions futures concernant mon fils », et elle demande les territoires palatins-bavarois de Bohême appartenant à son oncle Ferdinand III de Toscane. Finalement, l'enfant reçoit les territoires et le titre d'« Altesse sérénissime le duc de Reichstadt ».
Pour obtenir les patentes impériales qui établissent les titres et le rang de son fils, Marie-Louise se rend à Vienne. Elle y reste du 2 juillet au 1er septembre 1818 et c'est une joie pour elle d'embrasser son fils aîné que son grand-père aime sincèrement, et c'est une douleur que de devoir le quitter à nouveau. Elle le revoit deux ans plus tard en 1823 puis 1826, 1828, 1830, et enfin en 1832, sur son lit de mort.

Source: Wikipedia.




Guillaume Albert et Albertine de Montenuovo, les deux premiers enfants de Marie-Louise et Neipperg.
Source:Wikipedia.



La Duchesse de Parme et la mort de l'Aigle.



Le 5 mai 1821, Napoléon meurt.
Marie-Louise est informée de la mort de son mari en lisant la Gazzetta del Piemonte du 19 juillet, alors qu'elle est à la Villa Sala avec Neipperg et ses enfants. Elle se confie à son amie, Victoire, à qui elle écrit : « Je suis maintenant dans une grande incertitude, la Gazzetta del Piemonte a annoncé d'une manière tellement certaine la mort de l'empereur Napoléon, qu'il est presque impossible d'en douter, je vous avoue que j'en ai été très touchée, parce que, même si je n'ai jamais eu de sentiments très vifs de quelque type que ce soit pour lui, je ne peux pas oublier qu'il est le père de mon fils et que loin de me maltraiter comme le monde le pense, il m'a toujours témoigné tous les égards, seule chose que l'on puisse souhaiter dans un mariage politique. J'en suis, par conséquent, très troublée, et bien que nous devrions être contents qu'il ait fini son existence malheureuse d'une manière aussi chrétienne, moi je lui aurais souhaité de nombreuses années de bonheur et de vie, à condition qu'il soit loin de moi. Dans l'incertitude de ce qu'est la vérité, je me suis installée à Sala, ne voulant pas aller au théâtre, jusqu'à ce que l'on sache quelque chose de certain ».
Quelques jours plus tard, le 24 juillet, Marie-Louise écrit à son fils : « Je suis sûre que vous ressentirez cette douleur profondément, comme je la sens moi-même, parce que vous seriez un ingrat si vous oubliez toute la bonté qu'il a eue pour vous dans votre petite enfance, je suis aussi certaine que vous chercherez à imiter ses vertus, tout en évitant les pièges qui ont fini par le perdre ».
Devenue veuve, Marie-Louise peut légaliser sa relation avec Neipperg qu'elle épouse le 8 août 1821 par un mariage morganatique secret car le rang de son mari est inférieur au sien. Les enfants de Marie-Louise viennent alors habiter dans une annexe du palais ducal et ils sont accompagnés de leur gouvernante et de leur précepteur. À Parme, Marie-Louise reproduit l'environnement bourgeois qui a caractérisé son enfance à Vienne.

Source: Wikipedia.


La Duchesse de Parme et la mort de l'Aiglon.



Huit ans après leur mariage, le 22 février 1829, Neipperg meurt en raison de problèmes cardiaques. Marie-Louise est très touchée par sa mort, mais Vienne lui interdit de porter publiquement le deuil. Le testament de Neipperg parle en termes clairs du mariage et des enfants, que la duchesse aurait voulu adopter. Vienne reconnaît officiellement leur existence au moyen d'une confession écrite établie par Marie-Louise le 17 mars 1829, qui est versée dans les « Actes secrets » des archives d'État. Toutefois, elle n'est pas autorisée à reconnaître ni à adopter ses enfants. L'empereur François II révèle au duc de Reichstadt que Neipperg, l'homme qui venait lui rendre visite de temps en temps, et qu'il estimait, était son beau-père. Quand il apprend par la suite qu'il a deux demi-frères, le prince dit avoir une mère « bonne mais faible ». Le fils de Napoléon apprenant en cette occasion le remariage de sa mère, suspend toute correspondance avec elle.
À vingt ans, il tombe malade de la tuberculose, qui le consume jusqu'à sa mort. Son état, début juin 1832, se dégrade considérablement. Marie-Louise n'est pas tenue informée de la santé de son fils, parce que Vienne la souhaite à Parme en raison de la situation politique délicate. Dès l'arrivée de nouvelles plus graves de Vienne, Marie-Louise n'hésite pas à partir malgré la fièvre et la toux, mais elle perd du temps à Trieste car l'empereur arrive en retard.
Le 24 juin, elle voit finalement son fils. Il meurt le 22 juillet 1832, en invoquant sa mère qui est à son chevet.
Sa mort est pleurée avec une grande consternation par sa mère, son grand-père et toute la cour autrichienne.

Source: Wikipedia.


La fin de la vie de la Duchesse de Parme.



Le 9 décembre 1847, Marie-Louise, prématurément vieillie, accuse de violentes douleurs à la poitrine, qui s'aggravent le soir venu et s'accompagnent de frissons et de fièvre.
Le 12 décembre, jour anniversaire de ses cinquante-six ans, elle semble récupérer mais son état s'aggrave de nouveau.
Le jour de sa mort, elle est parfaitement lucide ; vers midi le 17 décembre 1847, après avoir vomi à plusieurs reprises, elle s'endort paisiblement pour ne pas se réveiller. À dix-sept heures, elle est morte. Son médecin Fritsch indique comme cause de la mort une pleurésie rhumatoïde.

Source: Wikipedia.




Daguerréotype de la duchesse Marie-Louise en 1847, à l'âge de 56 ans.
Source:Wikipedia.




Le tombeau de Marie-Louise dans la crypte de l'église des Capucins à Vienne.
Source:Wikipedia.
Par Georges Jansoone (Travail personnel) [GFDL (www.gnu.org/copyleft/fdl.html), CC-BY-SA-3.0 (www.creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/) ou CC-BY-2.5 (www.creativecommons.org/licenses/by/2.5)], via Wikimedia Commons









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