Napoléon: les grands événements militaires: l'Espagne - Galice.


Galice, 1808-1809.


1808 – La Galice

Vers la fin de 1808, les troupes anglaises, alliées des Espagnols, et commandées par le général sir John Moore, se déplacèrent vers le nord de la Péninsule afin d’aider les Espagnols. Cependant, pendant ces transferts, des troupes espagnoles avaient été vaincues et Moore se trouvant ainsi isolé, dut se retirer vers l’Ouest et se vit poursuivi par Napoléon avec les troupes de Soult et de Ney. Lorsque Moore eut pénétré en Galice, Napoléon abandonna sa persécution, le laissant en mains de ses deux maréchaux, et rentra en France.

Les Français entrèrent en Galice en janvier 1809 et le 16 s’affrontèrent aux Anglais à Elviña où eut lieu la bataille portant le nom du lieu, mais mieux connue comme la bataille de la Corogne.

Les troupes du général Moore purent contenir les Français, aidées par les tirs d’appui des navires anglais mouillés dans la baie, permettant que le gros de l’armée anglaise puisse réembarquer. Pendant ces combats, Moore décéda des suites des blessures provoquées par un boulet de canon, cependant, malgré la perte de leur chef, les troupes anglaises purent se retirer sans trop de peine.

Peu de temps après, les Français prirent La Corogne et parmi les morts et les blessés, on retrouva la dépouille du général Moore que le maréchal Soult fit enterrer avec tous les honneurs dus à son rang et à son courage.

Les jours suivants, les troupes françaises prirent Ferrol, qui capitula le 26, ensuite Saint Jacques de Compostelle, Mondoñedo, Pontevedra, Redondela, et Vigo qui tomba le 31 janvier terminant ainsi la conquête de la Galice.

Les troupes britanniques se retirèrent de la Péninsule pour y revenir quelques mois plus tard, en avril 1809, par le Portugal, bien ravitaillés et armés et sous le commandement de sir Arthur Wellesley, le futur duc de Wellington.


Résultats de la bataille d’Elviña :

Forces en présence :
Côté anglais 14.000 hommes contre 16.000 du côté français.

Pertes :
Côté anglais 900 morts (dont Moore) ou blessés ;
Côté français 2.000 morts ou blessés.


Début 1809

La Junte Centrale ayant besoin d’une personne adéquate à envoyer en Galice afin de préparer sa défense élit, le 22 janvier 1809, Pablo Morillo qui fut élevé au grade de capitaine du Régiment de Volontaires d’Espagne. Pour remplir sa mission, le 18 février, il partit pour la Galice comme mandataire de la Junte. Après de multiples problèmes, le 1er mars, Morillo se présenta à Lama de Arcos, au nord du Portugal, au marquis de la Romana et se mit immédiatement au travail.

Dans les premiers jours de mars, on l’informa qu’à Pontevedra se trouvaient 1.800 Français se dirigeant vers Vigo. Il partit reconnaître la zone de Puente Sampayo afin de préparer sa défense et d’empêcher le passage à l’ennemi. À Marin, avec l’aide de 500 civils mettant à sa disposition leurs deux pièces d’artillerie de 8, et à Redondelas les trois canons, un de 24 et deux de 18 placés aux meilleures positions, le capitaine Morillo chargea pour la défense de ce point l’enseigne de vaisseau Juan de O’Dogerti qui commandait 3 canonnières.

Les Français se trouvant harcelés à Pontevedra se retirèrent vers Saint Jacques de Compostelle et Morillo se dirigeant vers Vigo, toujours aux mains des Français mais assiégés par des Galiciens, arriva aux abords de la ville le 21 mars. Après avoir solutionné quelques problèmes de commandements avec les assiégeants, il devait également solutionner un problème avec les assiégés.

Le commandant français de Vigo exigeait un interlocuteur valable pour discuter de la reddition en accord avec les normes militaires et se niait de le faire face à un groupe de gens n’étant pas commandés par un chef militaire de rang adéquat. Morillo acclamé colonel par les Galiciens put, ainsi, commencer immédiatement les démarches pour la reddition qui furent menées de mains de fer. Devant la réticence des Français à accepter ses conditions, vers huit heures et demi du soir du 27 mars commença, sur différents points de la ville, une attaque qui dura plus ou moins deux heures aboutissant à la reddition des assiégés qui, le jour suivant, évacuèrent la ville.


Juin 1809 – bataille de Puente Sampayo - Préparatifs

Puente Sampayo se trouve au fond de la ria de Vigo, passé la crique de San Simon et située sur la rive nord de l’embouchure du « Rio Verdugo » nom qui signifiée « Bourreau ». Ce fut en ce lieu que les 7 et 8 juin 1809 se déroulèrent les combats qui furent à l’origine du départ des troupes françaises de Galice.

À la mi-avril, Morillo commença à organiser un régiment d’infanterie avec les gens du pays et baptisé « Régiment de l’Union », formé par trois bataillons avec un total de 2.000 hommes et dont Morillo prit le commandement avec le grade de colonel. La grande majorité des composants de ces bataillons étaient des paysans et des marins de la zone, ainsi que des étudiants et des soldats, tous armés de façon très hétéroclite.

Pendant ce temps, à Saint Jacques de Compostelle, les Français avaient reçu un important renfort de troupes et le maréchal Ney décida de récupérer le terrain perdu. Aux premiers jours de juin, il commença à avancer vers Vigo avec 18 bataillons d’infanterie, 1.200 chevaux et 13 pièces d’artillerie. Devant l’avance de Ney et pour retenir les Français, la division du Miño, commandée par le comte de Noroña se retira vers Sampayo et y arriva dans l’après-midi du 6 juin. Morillo se trouvait maintenant sous les ordres de Martin de la Carrera, second du comte de Noroña, dont il obtint le commandement de la garnison du pont sur le Verdugo, lui permettant ainsi de se retrancher sur sa rive sud. À la tête du Régiment de l’Union, il se prépara à bloquer l’avance française.
Pendant ce temps, le marquis de la Romana vint protéger le flan espagnol depuis les terres d’Orense, surveillant les troupes de Soult qui se trouvaient dans la zone de Monteforte et les empêchant d’entreprendre un mouvement enveloppant contre les Espagnols.

Pour revenir au pont Sampayo il faut rappeler que, lors d’actions antérieures de Morillo, trois de ses arches avaient été détruites et, pour organiser la traversée des 10.000 hommes de la division du Miño, leurs 4.000 fusils, leurs chevaux et leurs bagages, il fallut employer des embarcations et des planches. En premier lieu ce fut l’artillerie suivie des munitions qui ouvrirent la marche, ensuite la cavalerie et finalement l’infanterie qui traversèrent sur des chaloupes mises en ligne et se touchant de proue à poupe.
La traversée du fleuve commença le 6 juin et prit fin aux premières heures du 7, ce fut le capitaine de vaisseau Carranza, chef des Forces Navales espagnoles et commandant de la frégate « Ifigenia » qui dirigea cette manœuvre avec, comme soutien aux troupes de terre, « l’ Ifigenia », la goélette « Tigre » et les frégates britanniques « Lively » et «Vénus » mouillant dans les eaux de la Ria de Vigo.
Pendant tous ces préparatifs, Morillo confia la défense du pont au lieutenant de vaisseau Juan O’Dogherty, chef d’une petite escadre de canonnières et lui ordonna de prendre position sur une haute colline d’où l’on pouvait dominer tout le terrain et où furent placés deux canons de 24 livres appartenant à la marine.
À l’aurore du 7 juin, un groupe d’Espagnols se dirigea vers Pontecaldelas afin d’empêcher aux Français le passage par cette localité dans le but de s’y ravitailler, tandis qu’aux premières lueurs du jour d'autres soldats espagnols retraversèrent le Verdugo pour démolir, sur la rive nord, des murs et des enceintes afin d’éviter qu’ils puissent servir de protection à l’ennemi. Leur mission accomplie ils revinrent à leurs positions.
Ensuite l'artillerie de campagne fut placée pour battre les gués, les canonnières positionnées pour battre le flan droit des Français et, vers six heures du matin, Morillo harangua ses hommes pour les préparer à l’action. Tout semblait prêt et la journée s’annonçait radieuse et ensoleillée.


Forces en présence :

Du côté français le maréchal Michel NEY avec 10.800 hommes
Du côté espagnol le colonel Pablo MORILLO avec environ 10.000 soldats et miliciens


Bataille de Puente Sampayo

Le 7 mars, vers dix heures, un détachement d’environ 35 soldats français commandés par deux officiers s’approcha du pont pour effectuer une reconnaissance mais fut totalement anéanti par les décharges de l’artillerie et des canonnières défendant le pont.
Ce fut le commencement des combats et en peu de temps toute la zone fut couverte d’une fumée dense et l’atmosphère vibra tous azimuts, sous les décharges des fusils, des canons de campagne, des canonnières et des canons de 24 tirant, depuis la colline, des boulets armés avec gargousses.
Ney réalisa une attaque frontale du pont mais fut repoussé avec de graves pertes. Le feu cessa vers midi mais reprit, plus violemment encore, entre quatre et cinq heures de l’après-midi. Ney redoubla ses attaques orientées à sa gauche, là où le fleuve était plus étroit, mais, à nouveau il fut repoussé avec de lourdes pertes.
Au crépuscule les deux camps cessèrent le feu et les Français se retirèrent pour passer la nuit hors de portée des défenseurs.

À l’aube du 8, Ney prépara ses hommes et vers midi, en un mouvement enveloppant sur sa droite vers un banc de sable dégagé par la marée basse, il attaqua à l’endroit où le fleuve était plus large, moins profond et avait moins de courant. Cette fois encore, il rencontra le feu rapide et précis des canonnières qui le freinèrent sec.
À partir de ce moment, les attaques françaises se firent de plus en plus faibles, du fait que beaucoup des hommes de Ney étaient morts ou blessés et plusieurs de leurs canons avaient été mis hors d’état de tirer. À la nuit tombante, les Français se replièrent vers leurs campements et les combats prirent fin.

Le 9 mars, Ney convoqua ses officiers en conseil et décida la retraite. Poursuivis par des « guerrileros » attaquant sans pitié les traînards, la retraite fut terriblement pénible. Finalement les troupes du maréchal Ney se réunirent, à Lugo, avec celles de Soult ayant dû abandonner le Portugal et, ensemble, en juillet 1809, se retirèrent vers la Castille annonçant l’évacuation définitive de la Galice par les troupes françaises et la création de nouveaux fronts pour l’armée napoléonienne.

La bataille de Puente Sampayo fit semble-t-il 700 morts et blessés du côté français et 200 dans le camp espagnol.

Ces combats, l’échec dans la tentative d’anéantir l’armée anglaise, l’impuissance de maintenir ce vaste et difficile territoire aux communications coupées et, de plus, en situation trop excentrique vis-à-vis du reste de leurs forces, annoncèrent le début de la retraite des Français de Galice.



Ref :
HISTORIA DE IBERIA VIEJA nº 45 - 2009
Puente Sampayo – par Marcelino Gonzalez Fernandez

LAS OPERACIONES DEL EJERCITO DE GALICIA
Par le commandent Joaquim Blake y Orbaneja
Imprenta y Estereotipia de M. Rivadenevra
Madrid 1858






© Diana.





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