Napoléon et sa famille: les descendants de Joséphine.



Hortense





Mémoires de Mademoiselle Avrillion, première femme de chambre de l'impératrice Joséphine - Mercure de France - p.116-117


La princesse Hortense était douée d’un caractère extrêmement doux ; elle souffrait en silence et avec résignation les injustices dont son mari l’accablait ; cette contrainte influa sur sa santé et lui donna un air langoureux qui n’était pas celui qu’elle avait avant son mariage, du moins à ce que j’ai entendu dire, plusieurs fois à l’Impératrice : car, moi, ainsi que je l’ai dit, je ne l’ai connue que mariée et déjà mère. La jugeant sur l’apparence, on la croyait généralement d’un caractère triste et mélancolique, niais quand on avait le bonheur de la connaître, on était bien désabusé ; élevée chez madame Campan, elle y avait profité, plus qu’aucune autre, peut-être, de ses élèves, de la bonne éducation que l’on y recevait ; excellente musicienne, son talent ne se bornait pas à l’exécution ; et tout Paris a chanté les romances délicieuses qu’elle composa par la suite. Elle dansait dans la perfection, dessinait et peignait fort bien, montait à cheval avec beaucoup de grâce, et jouait la comédie avec un talent qui aurait pu faire envie à plus d’une actrice ; elle était aussi de première force au billard : telle était, si je puis ainsi m’exprimer, son éducation de Princesse, mais elle y joignait l’instruction solide qui aurait pu convenir à une femme dans tous les états de la société. Son esprit cultivé, nourri par les bonnes lectures, l’eût fait remarquer de tout le monde, si elle eût été la femme d’un homme jeté dans la foule obscure ; sa conversation, toujours intéressante, s’exerçait également bien sur tous les sujets. On n’avait pas un meilleur cœur ; elle aimait ses enfants avec adoration et son frère avec la plus tendre amitié ; ils se voyaient souvent, et c’était un plaisir de les contempler ensemble et avec leur mère, car alors toute grandeur disparaissait, pour ne plus laisser voir que la plus intime union de famille. Quant à son extérieur, il était des plus agréables ; sa physionomie douce et bienveillante s’harmonisait à merveille avec sa belle chevelure blonde ; sa taille élevée était pleine de grâce, et sa peau d’une extrême blancheur ; telle était la femme avec laquelle le prince Louis ne sut pas être heureux.


Nodie (cliquez pour voir en grand)







Eugène





Mémoires de Mademoiselle Avrillion, première femme de chambre de l'impératrice Joséphine - Mercure de France - p.186-187


Le prince Eugène avait été, pour ainsi dire, élevé par l’Empereur, qui l’aimait comme on peut aimer un fils ; il s’était plu à le voir croître sous ses yeux, et il disait fréquemment à sa femme, que ces mots rendaient la plus heureuse des mères : « Eugène pourrait être présenté comme un modèle à tous les jeunes gens de son âge. » Le prince, de son côté, répondait cette affection et aux soins que son beau-père avait pris de son éducation, par un respect et une soumission sans bornes à ses moindres volontés. L’Empereur disait de lui qu’il méritait le surnom de chevalier sans peur et sans reproche. C’était sous ses yeux qu’il avait fait ses premières armes, et il fit voir par la suite qu’il avait su profiter des leçons d’un aussi grand maître.

La figure du prince Eugène était plutôt bien que mal, sans toutefois avoir rien de bien remarquable ; la taille était ordinaire, mais bien proportionnée, et il était parfaitement fait. II excellait dans tous les exercices du corps, et si l’on n’a pas oublié le bal de Milan, à l’occasion du couronnement, je n’ai pas besoin de répéter qu’il dansait fort bien. Bon, franc, simple dans ses manières, sans morgue, sans hauteur, il se montrait constamment affable avec tout le monde ; et bien qu’il ne fût pas dépourvu de sensibilité, il était surtout d’une gaîté inaltérable. Passionné pour la musique, il chantait assez agréablement, et, surtout la musique italienne ; ce qui, au surplus, était une préférence de famille. Jeune comme il l’était, on conçoit que les femmes aient été souvent l’objet de ses hommages, et nous lui avons connu plusieurs attachements ; mais jamais il ne manqua de procédés avec celles qui furent les objets de ses hommages et de sa préférence. De ses diverses liaisons à Paris, aucune ne lui tint plus au cœur que celle qu’il eut avec une danseuse de l’Opéra, déjà célèbre alors par sa beauté, qui le devint depuis par la manière dont elle excella dans l’art de la pantomime, et qui n’a quitté la scène que depuis quelques années. Après son installation à Milan en qualité de vice-roi, cette danseuse y fit plusieurs voyages ; mais dès qu’il fut question de son mariage avec la princesse de Bavière, tout fut fini entre le prince Eugène et elle. Il est faux, comme on en a répandu le bruit, que l’Empereur ait été obligé d’intervenir pour amener le prince à cette rupture. Je ne voudrais pas, toutefois, garantir qu’il n’ait jamais fait quelque infraction au contrat : mais ce que je sais, c’est que sa femme fut parfaitement heureuse avec lui.


L'opinion de Napoléon à Sainte-Hélène. 1817, devant Montholon. (Napoléon a dit, p.333)


Eugène est une tête carrée, un administrateur habile, c'est un homme de mérite supérieur, mais ce n'est pas un homme de génie. Il n'a pas ce caractère ferme qui distingue les grands hommes.


Wikipedia


Grade :
1798 : Lieutenant
1799 : Chef d'escadron
1802 : Colonel
1804 : Général de Brigade

Faits d'armes :
1809 : Bataille de Raab
1809 : Bataille de la Piave

Distinctions :
Grand officier de la Légion d'honneur

Autres fonctions :
Vice-roi d'Italie
Prince de Venise
Grand-duc de Francfort
Duc de Leuchtenberg
Prince d'Eichstätt




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