Les lieux: l'île d'Elbe: Longone.


Voilà ce que rapporte Pons de l’Hérault dans ses mémoires et anecdotes :

« L’Empereur visita l’île d’Elbe de manière à pouvoir parfaitement la connaître dans tous ses détails. À son retour à Porto-Ferrajo, l’Empereur disait : « Je sais mon île d’Elbe par cœur » ; et c’était vrai. À Marciana, à Campo, à Poggio, à Saint-Hilaire, à Saint Pierre, à Capoliveri, il avait tout examiné et tout apprécié.
Cette course fut vraiment triomphale. Partout on voulut que l’Empereur fît une entrée solennelle, partout on chanta le Te Deum, partout les autorités représentèrent et présentèrent. Partout le clergé harangua, partout l’on illumina, et partout, enfin, l’on essaya de surpasser Porto-Ferrajo. »

Parmi les visites de son île d’Elbe, Napoléon fit une halte à Longone, qui, en 1947 changea de nom pour devenir Porto Azzurro.
Cette agglomération se situe au sud de l’île sur le Golfe de Mola, dominé par le « Forte Longone » ayant comme vis-à-vis le « Forte Focardo » construit en 1678.




Longone était territoire espagnol, mais surtout pour contrer les fortifications de son allié De Medici à Portoferraio, le méfiant Philippe III décida d’y ériger une imposante forteresse : le « Forte Longone ».
La fondation de cette place forte commença le matin du 8 mai 1603 lorsque la flotte espagnole débarqua hommes et matériel dans la baie de Mola. La supervision des travaux, qui durèrent trois ans, fut confiée au Vice-Roi de Naples, Jean Alphonse Pimentel de Herrera, comte de Benevento. On murmure que l’architecte s’inspira de la citadelle d’Anvers.

Une fois terminée, cette forteresse pouvait accueillir deux mille soldats et un important armement composé de pièces d’artillerie de divers calibres. Les édifices intérieurs étaient nombreux, dont deux plus importants : le palais du Gouverneur et celui des officiers sans oublier le grenier à blé. Les casernes, au nombre de dix, étaient construites en bois et parmi les autres édifices il y avait deux prisons, un hôpital, deux ateliers pour fabriquer les armes, deux moulins, trois poudrières, un four pour le pain, onze citernes de modeste capacité et sept corps de garde. Dans le centre de cette forteresse en forme de pentagone, il y avait la place d’arme, une église dédiée à saint Jacques (San Giacomo) ainsi qu’une chapelle. Pour mieux le protéger côté terre, un fossé assez profond fut creusé à même la roche pour en compliquer l’entrée.

Au cours de siècles, Longone connaîtra bien des vicissitudes et l’esprit rebelle de la population donnera bien du fil à retordre aux différents envahisseurs.
Avec l’arrivée de Napoléon sur l’île les esprits surchauffés se tranquillisèrent et l’empereur, après avoir visité la forteresse, s'y fit restructurer quelques salles pour en faire sa troisième résidence officielle en Elbe. Il y séjourna du 5 au 24 septembre 1814.

En 1856, le fort perdit de son importance et on y institua une compagnie de correction pour militaires indisciplinés, ce qui jeta les bases pour en faire un bagne. Les différents évènements de l’histoire qui suivirent, changèrent, définitivement, le destin du fort le dédiant au sinistre destin de prison civile et, pendant la seconde guerre mondiale, aussi de prison politique.
Étant toujours la prison des lieux la forteresse n'est pas visitable.

La place de Longone ou Porto Azzurro






L'église






Napoléon passa dans une maison de cette ruelle. Une plaque en souvenir de l'illustre visiteur se trouve au second étage et pour la photographier ce n'est pas vraiment la meilleure position.









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© Diana.



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