Le rêve anglais.

Dès 1800, lorsque Pitt armait le bras de Georges Cadoudal, on voulait déporter le Premier Consul en cette île, si l'on parvenait à le prendre vivant!
Au Congrès de Vienne, on avait hésité entre l'île d'Elbe et Sainte-Hélène.
Quand Napoléon se fut installé à Porto-Ferrajo, on eut à nouveau l'idée de l'enlever et de le conduire à Sainte-Hélène.

Désormais le rêve devenait réalité!
Et l'on choisit même pour commander l'escadre le plus roide des amiraux, ce Cockbum dont on était sûr qu'il rabattrait la morgue de l'ex-Empereur et saurait l'empêcher de jouer au souverain! On arrêta aussi le choix du futur gouverneur, cet Hudson Lowe qui, sous l'uniforme militaire, avait une âme de geôlier. Et l'on prépara un règlement que n'eût pas récusé le porte-clefs d'une prison! Ensuite, tout bonnement, Lord Liverpool saisit les Alliés d'une question déjà résolue, ceux-ci n'ayant plus qu'à entériner. Ils n'y manquèrent pas! Soulignons à cet égard que la convention qu'ils signèrent est datée du 2 août, alors que la décision d'exil avait été notifiée à Napoléon le 31 juillet par Keith et Bunbury. L'Angleterre avait disposé de sa personne en totale illégalité, que l'on se réfère au droit des individus ou à celui des nations! Il ne restait donc aucun espoir d'amener le gouvernement à atténuer sa rigueur et Napoléon savait que ses protestations n'y changeraient rien.

La vie quotidienne de Napoléon en route vers Sainte-Hélène - Georges Bordonove - 143, 144.