Chronologie: les derniers jours de l'Empire: 19 - 22 juin 1815.


19 juin 1815



Il est vu pleurant près d'un feu.
Il passe par Gosselies, Lodelinsart, Charleroi, Philippeville où il annonce le désastre à Joseph, Mariembourg, Rocroi, les Censes Corbineau, Maubert-Fontaine et Mézières.


Le matin du 19 juin sur le champ de bataille.



20 juin 1815



Il passe à Rethel où il laisse une partie de ses bagages, déjeune à Berry-au-Bac, change de voiture à Laon.
Il repart pour Paris à 23h.



21 juin 1815



Il arrive à Paris entre 6 et 8h. Il demande ses ministres et un bain.
Il passe sa journée à l'Elysée où il s'entretient avec diverses personnalités.



22 juin 1815



Il abdique en faveur de son fils, au début de l'après-midi.


Au palais de l'Elysée, le 22 juin 1815.


Déclaration au peuple français.

Français! en commençant la guerre pour soutenir l'indépendance nationale, je comptais sur la réunion de tous les efforts, de toutes les volontés, et le concours de toutes les autorités nationales. J'étais fondé à en espérer le succès, et j'avais bravé toutes les déclarations des puissances contre moi. Les circonstances paraissent changées. Je m'offre en sacrifice à la haine des ennemis de la France. Puissent-ils être sincères dans leurs déclarations, et n'en avoir jamais voulu qu'à ma personne! Ma vie politique est terminée, et je proclame mon fils sous le titre de Napoléon II, empereur des Français. Les ministres actuels formeront provisoirement le conseil de gouvernement. L'intérêt que je porte à mon fils m'engage à inviter les chambres à organiser sans délai la régence par une loi. Unissez-vous tous pour le salut public et pour rester une nation indépendante.

NAPOLÉON.


Réponse de l'empereur à une députation de la chambre des représentans, envoyée pour le féliciter sur sa seconde abdication.

Je vous remercie des sentimens que vous m'exprimez; je désire que mon abdication puisse faire le bonheur de la France, mais je ne l'espère point; elle laisse l'état sans chef, sans existence politique. Le temps perdu à renverser la monarchie aurait pu être employé à mettre la France en état d'écraser l'ennemi. Je recommande à la chambre de renforcer promptement les armées; qui veut la paix doit se préparer à la guerre. Ne mettez pas cette grande nation à la merci des étrangers. Craignez d'être déçus dans vos espérances. C'est là qu'est le danger. Dans quelque position que je me trouve, je serai toujours bien si la France est heureuse.

Source




23 juin 1815


Les derniers jours de l'Empire - H Lachouque - Arthaud, 1965. (p.86)


Résolution de la chambre des représentants.

« La Chambre des représentants, délibérant sur les diverses propositions faites dans sa séance et mentionnées dans son procès-verbal, passe à l’ordre du jour, motivé :

1- Sur ce que Napoléon II est devenu Empereur des Français par le fait de l’abdication de Napoléon 1er et par la force des « Constitutions de l’Empire ».

2- Sur ce que les deux Chambres ont voulu, par arrêté à la date d’hier portant nomination d’une Commission de « gouvernement provisoire », assurer à la nation les garanties dont elle a besoin, dans les circonstances extraordinaires où elle se trouve, pour sa liberté et son repos, au moyen d’une administration qui eût toute la confiance du peuple. »



25 juin 1815



Il quitte l'Elysée à midi et demi, pour Malmaison.


Les derniers jours de l'Empire - H Lachouque - Arthaud, 1965. (p.105)


Les adieux interdits.

Pris par les souvenirs, il s’arrête devant chaque meuble, près de la cheminée ; revenu à son bureau, il rêve peut-être à tant de notes et d’ordres qui sont partis de là… et dicte ses adieux :

A L’ARMÉE

La Malmaison, 25 juin 1815

Soldats, quand je cède à la nécessité qui me force à m’éloigner de la brave Armée française, j’emporte avec moi l’heureuse certitude qu’elle justifiera, par les services éminents que la Patrie attend d’elle, les éloges que nos ennemis eux-mêmes ne peuvent pas lui refuser.

Soldats, je suivrai vos pas, quoique absent. Je connais tous les corps et aucun d’eux ne remportera un avantage signalé sur l’ennemi que je ne rende justice au courage qu’il aura déployé. Vous et moi, nous avons été calomniés. Des hommes indignes d’apprécier vos travaux ont vu, dans les marques d’attachement que vous m’avez données, un zèle dont j’étais le seul objet. Que vos succès futurs leur apprennent que c’était la Patrie par-dessus tout que vous serviez en m’obéissant, et que, si j’ai quelque part à votre affection, je le dois à mon ardent amour pour la France, notre mère commune.

Soldats, encore quelques efforts et la Coalition est dissoute. Napoléon vous reconnaîtra aux coups que vous allez porter.

Sauvez l’honneur, l’indépendance des Français ; soyez jusqu’à la fin tels que je vous ai connus depuis vingt ans, et vous serez invincibles.


Comme il a renoncé au pouvoir, il signe

Napoléon 1er


Expédiée au gouvernement pour être publiée dans le Moniteur et être lue aux troupes, la dernière proclamation de l’Empereur à ses soldats restera inconnue. Elle dort aujourd’hui parmi les Archives de la Guerre.

Fouché l’avait jetée dans un tiroir.




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