Chronologie: La Campagne de France; février 1814.



Le journal de l'Empire.



Voici quelques articles et entre-filets que l'on pouvait lire dans le Journal de l'Empire du 1er et 2 février 1814.
Les conjugaisons sont telles que dans le texte original:





"Un courrier parti hier du quartier général, est arrivé aujourd’hui à Paris à quatre heures du matin. Il rapporte que, le 29 et le 30 janvier, on s’est battu vivement au-delà de Brienne, et que l’ennemi a été mis dans une déroute complète. Au départ du courrier, il étoit déjà arrivé quinze milles prisonniers et vingt-cinq pièces de canons. Toute la population des campagnes, armée de fusils de chasse, de piques, de faux, de fourchets et même de bâtons ferrés tomboit sur les fuyards ennemis, et en ramenoit à chaque instant au quartier général, avec des canons, des voitures et des bagages de toute espèce. Il paroit que l’artillerie ennemie s’est engouffrée dans des forêts, dont elle ne peut plus sortir.

Le 30 au soir, l’Empereur a couché au château de Brienne. Quelle émotion n’a pas dû éprouver S.M. en se retrouvant dans une contrée où elle passa les premiers jours de sa jeunesse, et en sauvant la France aux lieux même où l’étude avait développé ce génie sur lequel reposent nos destinées. Cette nouvelle s’est répandue aujourd’hui dans Paris avec la rapidité de l’éclair, et y a produit une joie, un enthousiasme qu’il est impossible de rendre.

Le grand mouvement national s’exécute de toute part ; la France se couvre de soldats, et se hérisse de fer. On ne peut concevoir d’où sortent toutes les troupes que nous voyons ; il semble qu’Antée ait frappé la terre, et qu’il en sorte d’innombrables légions. Depuis quinze jours Paris a vu sans cesse défiler des troupes, des canons, des équipages qui se portoient en avant. Ce passage n’a pas discontinué, et, dans le moment où nous apprenons les premiers succès de nos armées, de nouvelles armées nous entourent. Ce matin, S.M. le roi Joseph a passé en revue, sur la place du Carrousel, un gros corps d’armée en infanterie, en cavalerie et artillerie ; et, d’après les informations que nous avons reçues, ces troupes seront remplacées après leur départ par d’autres troupes cinq fois plus nombreuses : toutes les maisons de campagne des environs de Paris en sont remplies. Dans dix jours, l’EMPEREUR commandera la plus belle, la plus puissante armée qu’on ait jamais vue. Les gardes nationales actives de la Bretagne, de la Normandie, de la Champagne et des autres provinces arrivent en foule ; les compagnies franches harcèlent l’ennemi ; les habitants des campagnes lui coupent la retraite et se vengent sur les hussards de tous les brigandages dont ils ont été victimes.

Lord Catheart peut maintenant écrire au ministère anglais que les alliés sont bien reçus en France. Oui, ils sont bienvenus, il n’y a que la manière de s’entendre."


Toujours extrait du Journal de l'Empire du 1er février 1814:


On a publié ici l’avis suivant:

« Les habitants du département du Rhône sont prévenus que S.M. l’Empereur et Roi vient d’envoyer auprès d’eux M. Gustave de Damas, l’un de ses officiers, pour former un corps de partisans. Cette troupe, destinée à inquiéter l’ennemi et à contribuer à le chasser du territoire, recevra la paie comme les troupes de ligne, et se partagera les dépouilles de l’ennemi. Les hommes qui le composeront seront libres de rentrer dans leurs foyers lorsque l’ennemi aura été chassé hors des frontières. MM les anciens militaires et les braves habitants du Rhône, qui voudroient faire partie de ce corps, sont invités à se présenter de suite chez M.de Damas, rue de l’Archevêché, nº 4, où ils seront enrôlés et recevront leur destination. »

Approuvé par moi, maréchal d’Empire, commandant l’armée de lyon.

Augereau, duc de Castiglione.
Charleville, 26 janvier
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Le duc de Tarente, le général Sebastiani et le général Molitor sont en mouvement ; les gardes nationales s’organisent ; tout prend un aspect guerrier dans nos contrées.
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Châlons-sur-Marne, le 29 janvier
Nous sommes rentrés le 27 à Saint-Dizier, après un combat à Perthes (entre Vitry et Saint-Dizier), et un autre combat dans le faubourg de cette dernière ville. Il est probable que l’armée française doit être à Bar-sur-Ormain et à Joinville i y aura de grands évènements entre Saint-Dizier et Troyes.
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Il n’y a rien d’égal à l’empressement que tous nos cultivateurs mettent à fournir des fourrages et des subsistances par réquisition, ils arrivent de toutes parts avec une telle affluence, qu’un grand nombre sont obligés d’attendre vingt-quatre heures avant que leur tour de décharger leurs voitures soit arrivé. En huit jours, des magasins considérables ont été formés. Tout le monde sent qu’il n’y a de salut qu’en repoussant l’étranger.
Notre ville est aussi tranquille maintenant qu’elle l’étoit il y a trois semaines, tout s’etant porté en avant. Cependant, elle est armée autant que possible ; les portes sont palissées, et quelques pièces de canon les défendent : si près de l’ennemi, on peut craindre un coup de main sur les magasins.
P.S. À l’instant (midi, 30 janvier), une lettre du duc de Bassano nous annonce que du côté de Brienne, l’Empereur a enveloppé et fait prisonniers 15,000 hommes, et pris 40 pièces de canon.
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Parmi les diverses nouvelles du front, en plus prosaïque voici le résultat du tirage de la LOTERIE IMPERIALE DE FRANCE:

Tirage de Bruxelles, du 27 décembre 1813

4 - 54 - 35 - 82 - 5.

Tirage de Lyon du 29 décembre 1813

6 - 16 - 65 - 5 - 34


Merci à Diana







Cet extrait à été prélevé dans LE JOURNAL DE L’EMPIRE daté 16 février 1814.
(Il ne s’agit pas de fautes, le texte est encore écrit avec l’ancienne orthographe)



Paris, 12 février 1814
(extrait d’une lettre particulière)

"Un courrier vous aura sans doute apporté la nouvelle du succès remporté hier par l’Empereur. Je vous avois annoncé le départ de S.M. avec les ducs de Trévise, de Raguse et le prince de la Moskowa.
L’ennemi a attaqué à Villenoxe et Sésanne, poursuivi à Baye et Champaubert. On lui a pris 44 pièces de canon, 100 caissons, des généraux de division et de brigade, de deux corps d’armée et le général en chef. Douze régimens russes ont été pris ou détruit ; une grande partie a été acculée dans un lac. Ce matin S.M. s’est dirigée sur Montmirel et Vieuxmaison, où le corps russe de Sacken se trouve et sera attaqué de tête et de queue. Toute la division d’Espagne, qui étoit ici, s’est mise en marche hier. C’est la cavalerie et l’infanterie du duc de Raguse, qui ont été principalement engagées. La garde n’a pas donné.
Du 12, à onze heures du matin. – À l’instant nous arrive la nouvelle que l’Empereur a entièrement détruit les corps de Sacken et de Blücher. Vive l’Empereur !"


VILLENOXE, maintenant VILLENAUXE-LA-GRANDE
MONTMIREL, maintenant MONTMIRAIL
VIEUXMAISON, maintenant VIELS-MAISONS


Merci à Diana



Pour avoir une idée du chemin parcouru par les troupes,
Vue du satellite de GOOGLE EARTH
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Merci à Diana







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