Chronologie - l'île d'Elbe: l'entourage de Napoléon.


Le général Bertrand.


Voici comment Pons de l'Hérault voyait le général Bertrand dans ses souvenirs et anecdotes, extrait du livre Napoléon empereur de l'île d'Elbe



"Le général Bertrand, grand maréchal, était chargé des affaires civiles, ce qui équivalait au Ministère de l’Intérieur. Le général Bertrand était un homme de bien, dans toute l’étendue du mot. Il se serait dévoué pour l’Empereur au moment où son dévouement aurait pu sauver l’Empereur, mais ce moment ne s’était pas présenté et il ne l’avait suivi que par un sentiment d’honneur. Les événements qui avaient brisé le trône impérial avaient aussi brisé l’âme du général Bertrand. Sans cesse en proie aux souvenirs déchirants de cette immense catastrophe, ce n’était plus un homme de travail, c’était un homme de repos. Son cœur était tout entier à sa famille ; sa femme et ses enfants absorbaient toutes ses pensées. Que si l’on exigeait rigoureusement mon opinion sur l’essence des liens qui avaient attaché Napoléon au général Bertrand, je dirais, d’après tout ce que j’ai vu : les deux natures, celle de l’Empereur Napoléon et celle du général Bertrand, n’étaient pas sympathiques, et le resserrement de leur union, plus apparent que réel, était plutôt une affaire d’habitude qu’une affaire de sentiment. Jamais leurs premières opinions n’étaient les mêmes ; elles commençaient toujours par se heurter, et le général Bertrand ne cédait pas facilement. J’ai vu, plus d’une fois, l’empereur Napoléon renoncer aux débats. Cela n’empêchait pas que le général Bertrand n’aurait jamais eu une pensée contraire aux intérêts de l’empereur Napoléon."





Rectificatif de Miguel Moutoy:


Cette gravure ne représente pas BERTRAND mais le Maréchal NEY!
PONS qui portait pourtant des lunettes fait là une grande confusion!

Voici les illustrations du maréchal Ney; Bertrand, sa femme Fanny - et ce brave Pons, avec ses yeux quelque peu embués!







Général Drouot


Pons de l'Hérault



Le général Drouot, aide de camp de l’Empereur, avait été nommé gouverneur de l’île et chargé des affaires militaires, ce qui équivalait au ministère de la Guerre. Lisez Plutarque, voyez le plus beau caractère de ses grands hommes : c’est le caractère du général Drouot. Le général Drouot était la perfection de l’homme moral. Il avait suivi l’Empereur à condition qu’il ne lui serait payé aucun appointement. C’était le seul compagnon de Napoléon qui eut fait cette réserve. Il y avait deux hommes dans le général Drouot : l’homme public et l’homme privé. L’homme privé était trop bon, l’homme public était trop sévère. […]






Le docteur Foureau de Beauregard


Pons de l'Hérault



[…] Le docteur Foureau de Beauregard, dont la science médicale n’avait pas révélé le mérite, était à Paris médecin des écuries impériales, et, à l’île d’Elbe, médecin en chef de l’Empereur. Il était ce qu’on appelle vulgairement « une commère » et, pour plaire à l’Empereur, il lui colportait exactement tous les caquetages bons ou mauvais, ce qui avait fini par le rendre suspect. Il était, d’ailleurs, trop obséquieux auprès de l’Empereur. Cette obséquiosité faisait contraste avec sa vanité envers les personnes qui lui étaient subordonnées. Disons un mot pris dans le domaine de la plaisanterie, ce sera une petite escapade d’historien.

L’Empereur était au bain : M. Foureau de Beauregard lui avait présenté un consommé, ce consommé était trop chaud, et, pour ne pas se brûler, l’Empereur le humait. Le médecin en chef voulut empêcher l’Empereur de humer son potage « parce qu’en le humant, il avalait des colonnes d’air, et que ces colonnes d’air pouvaient lui donner la colique ». L’Empereur, peut-être un peu impatienté, s’écria : « Docteur, quoi qu’en dise Aristote et sa docte cabale, à mon âge, l’on sait comment il faut boire, et vous pouvez m’épargner votre leçon. » M. Foureau de Beauregard dut cesser sa harangue. C’était, au fond, un brave homme, mais il ne savait pas se faire aimer, et, généralement, on l’avait pris à tic, à ce que disait l’Empereur, défenseur-né de toutes les personnes impopulaires.[…]



Merci à Diana




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