Chronologie: Crouy, 1814.




Pourquoi la rue du petit caporal à CROUY / Aisne (bourgade porte Nord de Soissons) ?




Rue du Petit Caporal à Crouy (Sivert Arnaud à gauche dit la foudre et Magrot Jean Baptiste à droite dit le Grand Duc) Article dans le journal local l’union:






Avant 1980, cette maison était le café hôtel restaurant du petit caporal


Cette Taverne très vieille a été reconstruite en 1918 par la sucrerie qui est à 500 m. Ce café de la sucrerie a été vendu à des particuliers en 1980.
Donc, peut-être doit-il son nom à la sucrerie ?
En effet, avant 1810, le sucre était extrait de la canne sucrière des Antilles. A cause du blocus maritime, Napoléon demande à ses ingénieurs d’inventer un nouveau procédé pour fabriquer du sucre et impose à la Picardie la culture de la betterave sucrière.



Quelques fantômes du passé dans CROUY (2009) sous l’œil inquiet d’enfants




Chronologie.


1812
· 4 mars : Alliance franco-autrichienne prussienne.
· 7 septembre : Bataille de la Moskowa.
· 14-septembre : Prise et incendie de Moscou.
· 19 octobre : Début de la retraite de Russie.
· 23 octobre : Coup d'État avorté du général Malet.
· 26-28 novembre : Passage de la Bérézina.

1813
· 11 janvier : Mobilisation de 350.000 hommes
· 17 mars : Déclaration de guerre de la Prusse à Napoléon.
· 2 mai : Victoire de Lützen et de Bautzen.
· 20 mai : Panique boursière à Paris.
· 21 juin : Défaite de Vittoria : perte de l'Espagne.
· 10 août : Déclaration de guerre de l'Autriche à Napoléon.
· 16-19 octobre : Défaite de Leipzig : perte de l'Allemagne

1814
· 11-12 février : Bataille de Montmirail
· 31 mars : Entrée des Russes, des Autrichiens et des Prussiens à Paris.
· 2 avril : Déchéance de Napoléon par le Sénat.
· 3 mai : Entrée de Louis XVIII à Paris.



Sur le plateau de Craonne, statue en pierre de Napoléon (1974)(recherches effectuées par M. A . Sivert)



1814



Trois armées coalisées (russe autrichienne prussienne) marchent vers PARIS. Le 10/02 Les Autrichiens ont déjà été refoulés au-delà de Saint-Dizier, les Prussiens sont au Sud de la marne. L’avant-garde russe (16 000 soldats) arrive sur Soissons qui a des fortifications mal entretenues et qui est défendue par 2500 soldats. Le 12, les Prussiens prennent une claque à Montmirail par Napoléon et se replient sur Château-Thierry. Le 14, les Russes prennent Soissons : 800 morts de chaque coté. Puis, le 15, Les Russes évacuèrent totalement Soissons pour essayer de rejoindre les Prussiens en passant par la rive nord de la vallée de l’Aisne. Le 2 mars, 50 000 Russes reviennent sur Soissons mais il n’y a que 1000 soldats dans la ville. Pour ne pas s’exposer au pillage, la ville se rend sans résister. Les Prussiens acculés par les français étaient perdus mais grâce à la prise de Soissons, le 3/03 ils font la jonction avec les Russes et passent l’Aisne pour se protéger et pour choisir de nouveaux champs de bataille.8000 Russes gardent Soissons pendant que l’armée des coalisés remonte sur Laon pour se protéger. Pourtant, à cette date, la disproportion des forces en présence est spectaculaire: 100.000 coalisés contre 46.000 français.

Le 5 mars, 2 corps français attaquent Soissons pendant que Napoléon passe par Berry au bac car les autres ponts sur l’Aisne sont fortement gardés et l’empereur veut couper la retraite des coalisés en passant par le «chemin des Dames» et Craonne. Soissons est bombardé, plusieurs édifices sont enflammés dont l’hôtel de ville. Plusieurs batailles dans les rues et les ruines s’effectuent jusqu'à ce que les Russes évacuent totalement la ville laissant derrière eux 2000 de leurs morts.

De leur côté, les Allemands savaient qu’ils pourraient tirer parti du Plateau de Craonne. « Qui tient les hauts, tient les bas ... ». Le responsable de ce secteur est le général Woronzoff, avec une trentaine de milliers d’hommes (dont 2.200 cavaliers et 96 canons), avec comme mission d’interdire le passage de la « route des Dames ». Pendant ce temps, le feld-maréchal allemand voulait faire avec sa cavalerie un vaste mouvement tournant sur la droite et les arrières de l’armée française. Le 6 mars, la Garde Impériale se rendait maîtresse du village de Craonne. Au même instant, le Marechal allemand constatait que le vaste mouvement tournant de cavalerie ne pouvait pas être mené. Le feld-maréchal donna donc à Woronzoff l’ordre de se replier pour rejoindre les troupes qui se concentraient vers Laon. Lorsqu’il reçut cet ordre, le général russe était en bien fâcheuse posture. A sa droite, les dragons français sabraient et débordaient ses défenses. Face à son centre, l’infanterie française s’était formée en ligne et progressait, soutenue par le feu de son artillerie. Avec le repli russe, la bataille touchait à sa fin. L’armée française tout entière se lança bientôt dans une poursuite de 15 kilomètres, tout au long de la crête du chemin des Dames. Elle repoussa les troupes russes jusqu’à la route de Soissons à Laon. Le succès aurait pu être complet si elle avait pu s’emparer de canons et de nombreux prisonniers, mais il n’en fut rien. La retraite de Woronzoff fut méthodique et bien menée et les dégâts furent limités. Profitant du retrait des Russes et des Prussiens, les habitants de la région sortirent des grottes, dans lesquelles ils s’étaient réfugiés pendant la bataille. Ivres de colère, ils s’en prirent aux blessés et aux traînards, achevant les uns et chassant les autres. Ils se vengeaient ainsi des exactions que leur avaient fait subir les cosaques (tortures, viols, meurtres, vols…)

Le soir du 7 mars 1814, Napoléon dort à Bray-en-Laonnois, dans la maison de Charles Louis DeVillers, major de la milice bourgeoise de Laon. Napoléon apparaît "fatigué, entouré de blessés et de mourants, dans l'un de ces moments où les dégoûts de la guerre rassasieraient l'âme la plus belliqueuse". La bataille de Craonne fut particulièrement acharnée et meurtrière. Les coalisés y ont perdu 5.000 hommes et les Français 5.400. Le 8 mars, les chirurgiens opéraient les blessés à même le sol enneigé. Le village de Craonne était tout entier transformé en hôpital.

L’armée des coalisés se rassembla dans Laon. Les 8, 9 et 10 mars, Napoléon séjourne à l'ancien Hôtel Saint-Pierre de Chavignon. Défaite de la prise de Laon, une butte très fortifiée imprenable malgré plusieurs attaques. Donc, il y a une retraite de l’armée française sur Soissons.

Le 11 et 12 mars, l’empereur est dans la plaine entre Crouy et Bucy pour interdire les coalisés de reprendre Soissons, de franchir l’Aisne et d’atteindre PARIS. Mais l’endroit n’était pas favorable pour un engagement d’ampleur. La tache de protéger Soissons a été confiée au général F.Grouvel. Ici même toute l’après-midi du 13 mars, une bataille a été engagée pendant que l’empereur quittait Soissons pour une nouvelle bataille dans la plaine de Reims.

Donc, le lieu dit « le petit caporal » à Crouy marque le souvenir de ce passage et des batailles de 1814.

Le 22 mars, 20 000 Russes venant du Nord revenaient sur Soissons gardé par une seule garnison. Pendant 9 jours, La ville est assiégée, avec bombardements, barricades, tranchées ouvertes et nombreuses attaques. La ville résiste difficilement, jusqu’au 31 mars, en vain. En effet, l’armée française n’avait plus la force de remporter une quelconque victoire décisive et les coalisés rentrèrent dans PARIS à cette date.·

2 avril : Déchéance de Napoléon par le Sénat.
3 mai : Entrée de Louis XVIII à Paris.




1815


· 26 février-1er mars: Retour de Napoléon de l'île d'Elbe.
· 16 juin : Bataille de Ligny.
· 18 juin : Bataille de Waterloo.
L’empereur repassera à Soissons : le 12 juin et le 20 juin après Waterloo.
· 22 juin : Seconde abdication de Napoléon.


1840


Avec le temps, Napoléon devient une légende et un mythe. Il faut dire que sa vie est un véritable roman. Grâce à ses victoires, il a imposé les idées de la révolution à toute l'Europe.
Louis-Philippe fait revenir ses Cendres en France.


Crouy, 2009.




Un curé à la guerre ? Pour sauver les âmes peut être ? (Défilé de la fête communale de CROUY 2009)




Le petit caporal.



Si Soissons et les alentours ont été détruits à 75 % par la guerre de 1914, en 1814 elle n’a pas été épargnée puisque les différents quartiers et bourgades de Soissons ont aussi été entièrement pillés, ravagés et détruits.



Paquets de cigarettes de 1907, 1942, 1960




La rue du Petit Caporal n'a donc rien à voir avec le petit caporal de 1914 (Hitler), ni avec un tavernier qui ressemblait à l’empereur et qui fumait des cigarettes «petit caporal».



On ne peut comprendre la vie qu’en regardant en arrière :
On ne peut la vivre qu’en regardant en avant






La sucrerie



La sucrerie de Bucy qui est à 500m date de 1862 pour exploiter une distillerie construite sur 3 hectares. Donc, rien à voir avec une éventuelle visite de l’empereur Napoléon.


Pour plus d’information :



Livre : Monographies des villes « Histoire de Soissons » ISBN 2-841178-093-7
Ouvrage d’un habitant de Bucy qui a vécu les événements de 1814 ISBN ??
Société historique de Soissons 4 rue de la congrégation 02200 Soissons 03.23.59.32.36
contact@sahs-soissons.org
La bas Joconde
Essises 02 au sud de château Thierry petit musée, tombe à Mont faucon


Je recherche des photos de l'ancien café hôtel restaurant
du petit caporal entre Crouy sur Aisne et Bucy avant 1914 et après 1918



Merci d'avance


A Sivert 29 route de bucy 02880 CRouy
03/23/59/12/46




Sur le circuit de Soissons, vous trouverez également:
le cimetière de Soissons.
la rue Letellier
la rue du Général Rusca
la rue François Grouvel
la rue Louis-Antoine Pille
La rue du petit Caporal
Aux alentours de Soissons.






© Arnaud Sivert, pour le texte, la mise en page et les illustrations.
Toutes les images peuvent être agrandies.








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