Chronologie: avril 1815.


Débarquement anglais à Ostende - avril 1815


LES PRÉPARATIFS


Le retour de Napoléon de l’île d’Elbe ne fut pas une surprise pour ceux qui connaissaient son activité, son ambition insatiable et l’affection enthousiaste des soldats français pour sa personne. […]

Au moment où la nouvelle de cet évènement extraordinaire nous parvint, la troupe d’artillerie à cheval que je commandais était stationnée à Colchester. Les réductions nécessaires à sa remise sur le pied de paix avaient déjà commencé, quand nous reçûmes l’ordre de nous équiper immédiatement pour le service à l’étranger.
Dans ce but, une autre troupe logée dans la même caserne fut disloquée et les meilleurs chevaux des deux unités nous furent attribués, ce qui fit de nous la plus belle batterie de l’arme. […]

Le matin du 9 avril, la troupe fut passée en revue à 7 heures et demie avec autant de calme et de régularité que s’il se fût agi d’aller à la manœuvre. Pas un homme n’était absent ou ivre, et les canons et le matériel étaient dans l’ordre le plus parfait.


ARRIVÉE À OSTENDE


L’auteur décrit l’entrée plutôt mouvementée dans le port d’Ostende pour finalement se trouver prêts au débarquement.

Notre quille avait à peine touché le sable que nous fûmes abordés par une équipe de matelots, conduits par un officier de marine (le capitaine Hill) qui, sans cérémonie, commencèrent à jeter par-dessus bord nos chevaux aussi bien que nos selles, etc., sans me donner le temps de prendre aucune disposition pour recevoir et mettre en sûreté les uns et les autres : « Je ne peux l’empêcher, monsieur, répondait-on à mes remontrances ; les ordres du duc sont formels : il ne doit y avoir aucun délai à débarquer les troupes à mesure de leur arrivée et à renvoyer les bateaux. En conséquence, vous devez être dehors avant la nuit. ». La bousculade et la confusion qui suivirent défient toute description. Des brassés de harnais passaient par-dessus bord, aussi bien que les chevaux, en rapide succession.
Ce n'est pas sans difficulté que j'arrivai à faire comprendre au capitaine Hill la nécessité de laisser nos canons, nos caissons, etc., à bord, pour la nuit. […]

Deux de nos chevaux manquaient encore, ainsi que quelques sacoches et autres articles de peu d’importance. On ne doit pas s’étonner si l’on considère la manière scandaleuse avec laquelle ils furent jetés à l’eau, le temps effroyable, l’obscurité de la nuit joint au flux et au reflux de la marée.

L’aspect de la troupe était vexant à l’extrême. Nos nobles chevaux, hier matin si luisant et si vifs, maintenant la tête penchée et le poil hérissé et raide, montraient clairement les épreuves qu’ils avaient subies en passant brusquement d’une cale étouffante à une eau froide pour être ensuite exposés plus de sept heures, sur une plage découverte, à une terrible tempête de pluie et de vent. Quant à nos hommes, ils paraissaient épuisés, leurs habits mouillés et couverts de boue, leurs sabres rouillés et la peau d’ours de leurs casques aplatie par la pluie.


Notes:


"Le lendemain matin, il fallut retourner au port pour chercher les canons et le matériel de la batterie. Chose curieuse, malgré l'horrible désordre du débarquement et de la tempête qui le compliqua encore, il n'y eut que peu de pertes matérielles. Ce qui prouve que les ordres du duc, malgré leur extravagance apparente, étaient parfaitement raisonnés et exécutables".


Extraits de:
JOURNAL DE LA CAMPAGNE DE WATERLOO
Alexander Cavalié Mercer
ÉDITIONS DE GRENADIER
Bernard Giovanangeli Éditeur
Septembre 2007



Merci à Diana



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