Chronologie: la campagne de France, après l'abdication.



La vieille Garde devient le Corps Royal.



Souvenirs d’un Grognard Belge – colonel Scheltens –éd. Dessart, Bruxelles p.188



L’Empereur venait d’abdiquer : le 20, nous étions rangés sur deux haies, depuis l’escalier jusqu’à la grille.
C’est là qu’il nous fait ses adieux, qui sont connus de tout le monde. Le discours produisit beaucoup d’effet : les paupières des vieux grenadiers se mouillaient.

Après ce départ, nous allâmes à Nemours, loger chez les habitants. J’avais encore un peu d’argent pour me remonter et faire un doigt de cour aux jeunes filles, que nous faisions danser le dimanche. Hélas ! beaucoup n’en pouvaient plus faire autant ; de mon premier régiment de fusiliers de la Garde, il n’en existait plus, depuis la retraite de Russie, et du deuxième régiment des grenadiers de la vieille Garde, il n’en restait pas beaucoup après l’abdication.

Le régiment quitta Nemours pour tenir garnison à Metz, où se passa une scène que je n’ai trouvée relatée dans aucun autre ouvrage.
Nous avions pris le titre de Corps Royal, au lieu de vieille Garde, et le drapeau blanc au lieu de l’aigle et du drapeau tricolore. A cette occasion, il y eut parade et fête du quartier. On dansait, on buvait et l’on faisait l’amour aux jeunes filles qui venaient embellir la fête de leur présence. Enfin, on défonça un tonneau de vin que l’on avait mis debout ; on brûla le drapeau tricolore avec la hampe, on jeta les cendres dans la pièce de vin que l’on vida au souvenir de l’Empire.






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