Les acteurs: François-Léon de Réals de Mornac.


Un Vendéen chez les Autrichiens



Mornac, petit bourgade de Saintonge. C’est là que naît, le 15 septembre 1783, François-Léon de Réals de Mornac. Ce fils de capitaine du régiment de Roi-infanterie partage ainsi sa jeunesse entre son pays natal et les terres de ses grands-parents, à Beaufou, au milieu d’un bocage que l’on ne nomme point encore vendéen ; la Révolution s’en chargera.

1791. Temps de l’exil. La petite famille file vers l’est. Maastricht, Seligenstadt, Erlang. C’est dans cette dernière cité, et grâce au soutien et aux largesses de la margrave douairière de Barenth, que François-Léon entre à l’université. Il en sortira diplômé en 1801. L’heure est aux choix. Alors que ses parents, suite à l’amnistie, tirent un trait sur une émigration qui n’a que trop duré et regagnent la Vendée, il opte pour l’armée autrichienne où il gravira lentement les échelons de la hiérarchie militaire. On le retrouve ainsi dans la plaine de Wagram comme capitaine. Funeste sort des armes, suivi d’un traité de paix qui le jette hors d’Autriche.

Le voici de nouveau en Vendée, au château de Beaufou qu’il n’a pas revu depuis bien longtemps. Il l’avait quitté à l’âge de 8 ans, il en a à présent 26. Surveillé étroitement par la police impériale, Mornac s’adonne à l’écriture et à la gestion de ses terres, et prend le temps de se marier.
Ainsi s’écoulera l’Empire, avant que de nouveau retentisse sur la Vendée le tocsin.

1815. Spasme de 1793. Les Géants ont vieilli et n’ont plus le cœur à la lutte. Trop de morts, trop de ruines, et puis toutes ces plaies pansées depuis près de seize ans.
François-Léon n’a pas connu la Grande Guerre, mais il en a été bercé. Sans doute se rend-il compte que l’insurrection qui souffle à nouveau est sans commune mesure avec celle qu’on lui a tant contée, mais peut-il se terrer quand des armées royales, aussi maigres soient-elles, se lèvent à sa porte ?
Cruelle désillusion. Les défaites succèdent aux défaites. Rocheservière ; Suzannet tombe. Mornac, son chef d’état-major, le remplace à la tête d’une troupe qui n’en est presque plus une. La quatrième Vendée a vécu.

Waterloo et le retour du Roi sècheront bien des larmes : Mornac se voit offrir le grade de colonel. Il sert ainsi dans l’infanterie jusqu’en 1825 et deux ans plus tard est élu député de l’arrondissement de Bourbon-Vendée.

Celui qui a tant voué de haine à l’Usurpateur, se ralliera finalement au neveu et c’est sous son règne que la mort l’emportera, le 30 janvier 1858.


Source : Napoléon Bonaparte et la Vendée.


© Drouet Cyril.






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