Les acteurs: Gaspard Monge.


Gaspard Monge, comte de Péluse.
Beaume, 10 mai 1746 - Paris, 28 juillet 1818.



Gaspard Monge naît à Beaune (Côte d'Or) le 10 mai 1746.

Son père, Jacques Monge, savoyard d'origine, a été marchand-forain puis artisan.

Il étudie au collège des Oratoriens de Beaune. Il se fait remarquer dès l'âge de quatorze ans, en 1760, en construisant un modèle de pompe à incendie. Il soutient, le 28 mai 1762, à l'âge de seize ans, une thèse de mathématiques devant ses professeurs. (Cette thèse est conservée à la Bibliothèque municipale de Beaune)

De 1762 à 1764, il enseigne, à seize ans, la physique au collège des Oratoriens de Lyon. Le lieutenant-colonel du Vignau, commandant en second de l'Ecole royale du Génie à Mézières, très admiratif du plan de la ville de Beaune dressé par le jeune savant, lui propose le poste de répétiteur de mathématiques et de géométrie descriptive.

Gaspard Monge arrive à Mézières à la fin de 1764. Il met au point, pour les travaux concernant les fortifications, une méthode générale de représentation géométrique.

En 1780, il est chargé par Turgot d'enseigner à Paris l'hydrodynamique. Il entre, la même année, à l'Académie des Sciences.

En 1786, il publie son "Traité élémentaire de statique".

A Mézières Monge a fait la connaissance d'une jeune veuve, Marie-
Catherine Huart, veuve Horbon (née à Rocroy le 2 juin 1747 et morte à Paris en 1846). Il l'épouse à Rocroy le 12 juin 1777. Cela sera un couple sans problème.

Comme beaucoup d'officiers et de savants de cette époque, Monge, à Mézières, avait été intronisé dans une loge maçonnique : l'Union Parfaite du Corps royal du Génie. Ensuite, il sera inscrit à la loge Les Amis Réunis à Paris.

Partisan de la Révolution, Monge est nommé ministre de la Marine (avril 1792 - avril 1793). Il s'occupe des ports militaires face aux menaces de l'Angleterre.
Parallèlement, il travaille à la fabrication de la poudre, dont les armées révolutionnaires ont un grand besoin. Il crée des ateliers pour la fabrication des armes.
En 1794, il publie son ouvrage "Description de l'art de fabriquer des canons".

Puis Monge reprend ses travaux scientifiques. Il est nommé professeur à l'Ecole Normale Supérieure, où il enseigne la géométrie descriptive.
En 1795, il est l'un des fondateurs de l'Ecole Polytechnique où il enseigne.

En 1796, il participe à la commission chargée d'aller en Italie choisir les oeuvres d'art cédées par le Pape à la France. C'est à cette occasion qu'il fait la connaissance du général Bonaparte.

Elu en 1798 au Conseil des Anciens par les Bouches-du-Rhône et au Conseil des Cinq-Cents par la Côte d'Or, Monge n'a pas le temps de siéger.

Bonaparte l'entraîne avec lui en Egypte où il dirige, avec Berthollet, les parties scientifiques et archéologiques de l'expédition.
Monge préside l'Institut d'Egypte, fait établir des cartes du pays et étudie les monuments.
Malade, il revient en France avec le général Bonaparte sur le "Muiron" et débarque sur le sol français le 9 octobre 1799.

Après le 18 Brumaire, il siège au Sénat qu'il présidera en 1806.
Membre de la Légion d'honneur le 9 vendémiaire an XII (2 octobre 1803), grand officier le 25 prairial an XII (13 juin 1804), chevalier de la couronne de Fer (1805), grand-croix de l'ordre de la Réunion (13 avril 1813), directeur de l'Ecole Polytechnique après 1802, membre de l'Institut, comte de Péluse, en souvenir des travaux dans l'isthme de Suez (26 avril 1808).

Très lié avec Napoléon, il est un familier des Tuileries et de Saint-Cloud.
En 1803, il participe à un voyage de Napoléon et de Joséphine dans le Nord et en Belgique.
Le 2 décembre 1804, il est à Notre-Dame pour le sacre de Napoléon.
Tout au long de l'Empire, il est très apprécié par Napoléon.

Très affecté par le désastre de Russie, il s'écroula d'apoplexie à l'annonce du 29e bulletin de la Grande Armée qui fit état de cette catastrophe.
En 1813, Monge se rend en Belgique, à Liège, comme commissaire extraordinaire afin d'organiser la résistance.

Après la première abdication, en 1814, Monge fut maintenu par Louis XVIII dans ses fonctions. Mais son ralliement à Napoléon lors des Cent-Jours, lui valut d'être exclu de l'Institut et de l'Ecole Polytechnique en juillet 1815.
Le moral du savant est désormais au plus bas. Sa fille Emilie lui dit, pour le consoler : " Tu penses à l'Empereur, papa. Eh bien, il est revenu de l’île d'Elbe, il pourrait bien revenir de Sainte-Hélène!"

Après avoir eu la satisfaction d'entendre ses proches lui chanter la Marseillaise, il expire à Paris, le 28 juillet 1818, à l'âge de soixante-douze ans.

Il fut inhumé au cimetière du Père-Lachaise (18e division) et fut transféré au Panthéon le 12 décembre 1989.
Un cénotaphe en forme de mausolée sur le modèle d'un temple égyptien marque l'emplacement de sa tombe d'origine.


© La Bédoyère.






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