Les acteurs: Marie Walewska.

Biographie.



Marie Laczynska est née le 7 décembre 1789 à Varsovie.
En 1804 elle épouse le comte Athénase Walewski, beaucoup plus âgé qu'elle (il a 70 ans). Un petit Antoine naît de leur union en 1805.

Elle a 18 ans quand elle rencontre Napoléon, le 1r janvier 1807, au relais de Blonie. Elle voudrait le convaincre de donner l'indépendance à la Pologne. Ses amis la poussent à accepter les avances de l'Empereur, geste qu'ils qualifient de "patriotique".
Le "sacrifice" se transforme en amour et le 4 mai 1810 ils ont un fils: Alexandre Walewski.

Marie est discrète et fidèle. Son désir est de suivre Napoléon et d'être à ses côtés dans les moments difficiles. Elle tente en vain de le voir à Fontainebleau. Début septembre 1814, elle passe 3 jours à l'île d'Elbe. Elle voit l'Empereur pour la dernière fois à Malmaison, après Waterloo. Il refuse qu'elle le suive à Sainte-Hélène.

Etant veuve, elle épouse le comte Philippe-Antoine d'Ornano, un cousin éloigné, en septembre 1816. Elle meurt le 11 décembre 1817, à 31 ans, des suites d'un accouchement.
Son coeur est placé dans la crypte de la famille d'Ornano au cimetière du Père Lachaise, à Paris, et son corps est ramené en Pologne.


Les illustrations.





Elle était blonde, elle avait les yeux bleus et la peau d'une blancheur éblouissante; elle n'était pas grande, mais parfaitement bien faite et d'une tournure charmante. Une teinte légère de mélancolie, répandue sur toute sa personne, la rendait plus séduisante encore.

Napoléon intime - Arthur Lévy - p 169.


Napoléon "séducteur".



Octave Aubry (qui reprend les Mémoires écrits par Marie à l'intention de ses fils) relate la seconde entrevue privée entre Napoléon et Marie le 18 janvier 1807 : (Marie Walewska - Flammarion, 1951)

"Il (Napoléon) n'est pourtant pas un homme qu'on décourage :

Je veux, entends-tu bien ce mot, s'écrie-t-il avec violence, je veux te forcer à m'aimer ! J'ai fait revivre le nom de ta patrie : sa souche existe encore, grâce à moi. Je ferai plus encore. Mais songe que, comme cette montre que je tiens à la main et que je brise à tes yeux, c'est ainsi que son nom périra, et toutes tes espérances, si tu me pousses à bout en repoussant mon coeur et me refusant le tien.

Sa forte voix résonne, durcie par l'accent qui revient dans tous ses moments d'émotion. Marie demeure immobile et muette, mais quand il jette sa montre sur le parquet et l'écrase du talon, ses nerfs s'affaissent, elle s'évanouit.
Lorsqu'elle retrouve ses sens, au visage anxieux de Napoléon, aux mots qu'il murmure, elle comprend qu'il a abusé de sa défaillance [sic].

Cette vilenie, il l'a accomplie comme poussé par un instinct sauvage. Maintenant il la regrette et, devant ces yeux désespérés, il a peur.
Elle le repousse avec horreur et sanglote longuement. Heure lourde et triste où l'homme reste décontenancé, muet devant sa captive."

Merci à Jean-Baptiste.


La rencontre de Napoléon et de Marie Walewska, extrait des mémoires de madame de Rémusat.


Quand il faisait quelque voyage ou même quelque campagne, il arrivait à Napoléon de ne point négliger un genre de distraction qu'il plaçait dans les courts répits de ses affaires ou de ses batailles. Son beau-frère Murat, ou son grand maréchal Duroc étaient chargés de s'informer pour lui des moyens de satisfaire ces fantaisies passagères. Lors de la première entrée en Pologne, Murat, qui l'avait précédé à Varsovie, reçut l'ordre de chercher pour l'empereur, qui allait arriver, une femme jeune et jolie, et de la prendre de préférence dans la noblesse. Il s'acquitta adroitement de cette commission, et détermina à cet acte de complaisance une jeune et noble Polonaise, mariée à un vieux mari. On ne sait quels moyens il employa et quelles furent ses promesses ; mais enfin elle consentit à tout arrangement, et même à partir un soir pour le château voisin de Varsovie où l'empereur s'était arrêté.
Voilà donc cette belle personne expédiée et arrivant assez tard au lieu de sa destination. Elle a conté elle-même cette aventure, avouant (ce que l'on croira facilement) qu'elle arriva émue et tremblante. L'empereur était renfermé dans son cabinet. On lui annonça la nouvelle venue ; sans se déranger, il ordonne qu'on la conduise à l'appartement qui lui est destiné, et qu'on lui propose un bain et à souper, ajoutant qu'après elle sera libre de se mettre au lit. Cependant il continue son travail jusqu'à une heure assez avancée dans la nuit.
Enfin, ses affaires étant terminées, il se rend à l'appartement où il était attendu depuis longtemps, et se présente tout à coup avec toutes les apparences d'un maître qui dédaigne l'inutile des préparations ; puis sans perdre un seul instant, il entame la plus singulière conversation sur la situation politique de la Pologne, interrogeant cette jeune femme comme il eût fait d'un agent de la police, et lui demandant des notes fort circonstanciées sur tous les grands seigneurs polonais qui se trouvaient alors à Varsovie. Il s'informa soigneusement de leurs opinions, de leurs intérêts présents, et prolongea longtemps ce bizarre interrogatoire.
On se figure l'étonnement d'une femme de vingt ans qui ne s'était point préparée à un semblable début. Elle satisfit à tout de son mieux, et, lorsqu'elle n'eut plus rien à répondre, alors seulement il parut se souvenir que Murat avait au moins promis en son nom quelques paroles d'un genre plus doux.
Quoiqu'il en soit, apparemment que cette façon d'agir n'empêcha point la jeune Polonaise de s'attacher à lui, car cette liaison s'est prolongée pendant plusieurs campagnes. Plus tard, elle est venue à Paris ; elle y mit au monde un fils, objet des espérances des Polonais qui plaçaient sur sa tête l'espoir de leur indépendance future. J'ai vu la mère présentée à la cour impériale, exciter d'abord la jalousie de madame Bonaparte, et, après le divorce, devenir au contraire à la Malmaison la compagne assez intime de l'impératrice répudiée à qui elle amenait souvent son fils.
On a assuré que, fidèle à l'empereur dans son malheur, elle le visita plus d'une fois à l'île d'Elbe ; il la retrouva en France quand il fit sa dernière et funeste apparition. Mais, après sa seconde chute (je ne sais à quelle époque elle était devenue veuve), elle se maria et elle est morte à Paris cette année même 1818. Je tiens ces détails de M. de Talleyrand.



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