Les acteurs: Jean Lannes.


Jean LANNES (Maréchal de France, duc de Montebello)



Jean Lannes est né le 10 avril 1769 à Lectoure, dans le département du Gers.
Son père était cultivateur. Il a peu fréquenté l'école, cependant son frère aîné, qui était prêtre, lui a appris à lire et à écrire.

Lorsque la Révolution éclate, il exerce la profession de teinturier. Le 20 avril 1792, la France déclare la guerre à l'Autriche et l'Assemblée Législative ordonne la levée de volontaires.

Le 4 juin 1792, Jean Lannes s'engage au 2e bataillon de volontaires du Gers. Sa belle prestance, son autorité naturelle et sa voix faite pour le commandement lui valent rapidement l'épaulette de sous-lieutenant.

Il se distingue sur le front des Pyrénées Orientales contre les Espagnols. Il est nommé colonel le 25 décembre 1793. En Italie il s'illustre à Millesimo, à Dego où sa fougue le fait remarquer par Bonaparte. Il a une belle conduite également à Plaisance, puis à Lodi où il reçoit le grade de général de brigade. Il est blessé à Arcole.

Jean Lannes fait partie des officiers généraux qui participent à l'expédition d'Egypte. Il est blessé après l'attaque de Saint-Jean d'Acre. A la suite de ce combat, il est nommé général de division.

Il joue un rôle important lors du coup d'Etat du 18 Brumaire. Ensuite, il s'illustre à Montebello (9 juin 1800) et à Marengo (14 juin 1800) où il reçoit un sabre d'honneur.
Le 19 mai 1804, le nom du général de division Jean Lannes est le dixième de la liste des quatorze maréchaux de la promotion de 1804. Il est âgé de trente-cinq ans. Quel chemin parcouru en douze ans! Il a une grande vivacité d'esprit qui lui permet de saisir les situations rapidement. Il est le seul parmi les maréchaux à se permettre d'être de mauvaise humeur en présence de l'Empereur et à le tutoyer.

Son grand courage lui vaut le surnom d' "Achille de la Grande Armée". En 1805, Lannes commande le 5e Corps d'armée qui entre dans Vienne et forme l'aile gauche du dispositif français à Austerlitz (2 décembre 1805). L'année suivante, il bat les Prussiens à Saafeld (10 octobre 1806), commande le centre de l'armée française à Iéna (14 octobre 1806). Il poursuit les Prussiens en Pologne, écrase les Russes à Pultusk (26 décembre 1806), où il est encore une fois blessé. Lannes est à Dantzig (20 mai 1807), à Heilsberg (10 juin 1807), à Friedland (14 juin 1807).

Lannes est nommé colonel général des Suisses en 1807. Le 15 juin 1808, il est fait duc de Montebello. Il était déjà prince de Sievers, titre polonais qu'il ne portera jamais. Puis il combat en Espagne. Il écrase le général espagnol Castanos à Tudela (23 novembre 1808). Puis il prend la direction du siège de Saragosse. Le 21 février 1809, Lannes reçoit la reddition de la ville. Mais la férocité des combats en Espagne a impressionné Lannes. Il écrit à Napoléon : "Sire, c'est une guerre qui fait horreur."

En 1809, Napoléon prépare une nouvelle campagne contre l'Autriche. Il rappelle Lannes à l'armée d'Allemagne. Après la dure bataille d'Ebelsberg (3 mai 1809), Napoléon entre à Vienne le 13 mai. L'Empereur charge Lannes de tenir, avec le 2e Corps, le village d'Essling.

La bataille d'Essling s'engage à l'aube du 21 mai 1809. Lannes est maussade.
"Cette affaire ne me dit rien de bon", confie-t-il à ses aides de camp. "Au reste, ce sera ma dernière bataille", dit-il en se mettant en selle. Lannes, à son habitude, se conduit vaillamment. La bataille s'arrête au soir, mais pour reprendre le lendemain matin. Très inférieures en nombre et en artillerie, les troupes françaises doivent se replier.

Au cours de la reprise des combats, Lannes s'entretient avec le général Pouzet, quand celui-ci s'écroule, tué d'une balle en pleine tête. Impressionné, ému, Lannes s'éloigne et il s'assied sur une petite butte de terre. Un boulet tombe tout près, ricoche sur le sol et vient lui briser les deux jambes.

Larrey, le chirurgien en chef de la Garde Impériale, décide de l'amputer compte tenu de l'état de la jambe gauche. Aussitôt averti l'Empereur accourt au chevet de son compagnon d'armes. "Sire, lui dit Lannes, vous perdez votre seul ami." Larrey pense pouvoir sauver le maréchal.

Le cinquième jour, la fièvre s'empare de lui et il décède le 31 mai 1809.
La perte est considérable pour Napoléon et la Grande Armée.

Le jugement de l'Empereur : "La première fois que je distinguais Lannes, ce n'était qu'un ignorant. Néanmoins il acquit beaucoup. Il avait une grande expérience de la guerre. Il s'était trouvé à cinquante-quatre batailles rangées, à trois cents combats plus ou moins importants. C'était un homme d'une bravoure peu commune. Calme au milieu du feu. Il possédait un coup d'oeil sûr et pénétrant, prompt à profiter de toutes les occasions qui se présentaient. Comme général, il était infiniment au-dessus de Moreau et de Soult."

Son coeur est conservé dans une urne déposée dans un caveau au cimetière Montmartre. Son corps se trouve au Panthéon.


© La Bédoyère.



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