Les acteurs: Gourgaud.



Les déclarations de Gourgaud.



Jean-Pierre Fournier La Touraille - Hudson Lowe, le geôlier de Napoléon. - Perrin – 2006 – p 143



Note du sous-secrétaire d’Etat à Bathurst :

En obéissance à vos ordres, j’ai eu à plusieurs reprises des entretiens avec le général Gourgaud, dans le dessein de m’assurer s’il était disposé à fournir quelques détails de plus sur les divers points indiqués dans les récentes dépêches de sir Hudson Lowe. Les renseignements que j’ai reçus de lui, quoique donnés d’une manière très circonstanciée, sont en substance ainsi qu’il suit :

Le général Gourgaud n’a pas eu de peine à avouer qu’il a toujours existé des communications libres et non interrompues entre les habitants de Longwood et ce pays ainsi que le continent, à l’insu et sans l’intermédiaire du gouverneur, et qu’on s’en est servi non seulement pour recevoir et envoyer des lettres, mais aussi pour recevoir des pamphlets, de l’argent et autres articles dont les habitants de Longwood peuvent avoir besoin…
Que les personnes qui s’y emploient sont les Anglais qui, de temps en temps, visitent Sainte-Hélène, les officiers ou les domestiques de Bonaparte ayant libre accès auprès d’eux. Ceux–ci, généralement, se chargent volontiers, les uns sans aucune rémunération, les autres avec une très faible récompense pécuniaire, de porter en Europe les lettres ou paquets qu’on leur confie.
Il paraîtrait aussi que les capitaines ou autres, à bord des navires marchands qui touchent Sainte-Hélène, sont regardés à Longwood comme particulièrement exposés à la séduction habituelle de Bonaparte, à ce point que les habitants de Longwood considéraient comme une affaire présentant peu de difficulté d’assurer le passage à bord d’un de ces navires pour le général Bonaparte, si un jour ou l’autre il voulait s’évader…
Le général Gourgaud lui-même a déclaré savoir que le général Bonaparte avait reçu une forte somme d’argent en dollars espagnols, à savoir 10000 livres sterling, précisément à l’époque où il disposait de son argenterie…

Au sujet de l’évasion du général Bonaparte, Gourgaud m’a affirmé confidentiellement que, quoique Longwood soit, par sa situation, susceptible d’être bien gardé par des sentinelles, cependant, il était certain qu’il ne serait pas difficile d’échapper, un moment ou l’autre, à la vigilance des sentinelles postées à l’entour de la maison et des terrains ; et enfin qu’une évasion de l’île ne lui apparaissait nullement impossible…

Au sujet de la santé du général Bonaparte, le général Gourgaud a déclaré qu’on nous en imposait beaucoup, que le général n’était pas, en ce qui concernait la santé physique, considérablement changé, et que les rapports faits à ce sujet manquaient de vérité. O’Meara est certainement la dupe de l’influence que le général Bonaparte exerce toujours sur ceux avec qui il a des relations fréquentes. Il m’affirma que sa connaissance intime lui permettait d’affirmer confidentiellement que sa santé physique n’était nullement aussi mauvaise qu’elle l’avait été avant son arrivée à Sainte-Hélène.


Gourgaud d'après le Médecin Général R.Brice.



La félonie de Gourgaud.


Un fait capital survint; le 13 février 1818 : le général Gourgaud quitta Longwood.

Il avait depuis longtemps l'intention de déserter L'Empereur. Dès le 2 juin 1817 il avait discuté avec Bertrand sur l'opportunité de son départ: "On n'est pas fanatique de Sa Majesté en France; on se moquera de moi, de m' être sacrifié ainsi en pure perte: chacun pense à l'avenir… »

(…)

Le 11 février, Gourgaud eut une dernière entrevue avec l'Empereur.
Stoïque comme il l'avait toujours été aux heures pénibles, Napoléon lui adressa les adieux d'un ami. Après un dernier petit soufflet sur la joue, il lui dit: « Nous nous reverrons dans un autre monde, allons, adieu! Embrassez-moi ». Gourgaud s'émut et pleura.

Il quitta Longwood le 13 pour aller s'installer à Bayle Cottage, maison de campagne voisine de Plantation House et de Rosemary Hall. Hudson Lowe lui avait fait préparer un logement. Il le traita avec beaucoup d'égards. Gourgaud fut son invité permanent. (…)
Il reçut de multiples invitations à dîner ou à passer les soirées dans l'intimité. Chacun le flattait, chacun célébrait sa droiture de caractère, son admirable franchise, chacun l'interrogeait.
Gourgaud, enivré de son importance, faisait la roue. Il bavarda inconsidérément et se vanta sans mesure. Pour se mettre au diapason de ses auditeurs, il accabla de reproches celui qu'il venait d'abandonner. Ses prétendues révélations furent soigneusement consignées par Hudson Lowe et les commissaires. Gourgaud triomphait. (…)

En Europe, Gourgaud fit les mêmes déclarations:

Il soutenait un triple mensonge:

- Il affirmait que l'Empereur possédait à Longwood une somme considérable constituée pour la plus grande partie par des doublons d'Espagne.

- Il assurait qu'il avait la possibilité de s'évader de Sainte-Hélène lorsqu'il le voudrait. « Que ne fait-on pas quand on a des millions à sa disposition? » disait-il et il ajoutait que si Napoléon ne quittait pas Sainte-Hélène, c'est parce qu'il s'y croyait plus important qu'il ne le serait en Amérique. Il nous a dit plusieurs fois: Je ne peux plus vivre en particulier. "J'aime mieux être prisonnier ici que libre aux États- Unis. »

- Enfin, il accusait formellement l'Empereur de simulation. Il n'est nullement malade, déclarait-il; il feint de l'être pour inquiéter le gouverneur et pour se ménager un alibi qui facilitera son évasion au moment opportun. « Il nous enterrera tous. Il a un corps de fer. » L 'œdème des jambes? « Cela date de Moscou. Il en est de même de ses insomnies. Depuis que je le connais, il n'a jamais dormi plusieurs heures de suite. Quant à son mal de côté, personne n'a pu savoir au juste ce qu'il en est. »

A ces prétendues révélations, Gourgaud ajoutait quelques propos destinés à mettre en valeur son attachement à la royauté légitime. Il disait que Napoléon n'avait pas renoncé à remonter sur le trône de France, mais qu'il n'avait pas hésité à l'avertir "qu'il se battrait contre lui si son devoir le lui ordonnait". D'ailleurs, il blâmait sans réserve la conduite du prisonnier de Longwood. « Un ange eût-il été le gouverneur de Sainte-Hélène qu'il s'en serait plaint continuellement. »

(…)

Les effets des allégations de Gourgaud furent immédiats. Sans attendre les ordres de son ministre, Hudson Lowe supprima toutes relations entre Longwood et les habitants de l'île.
Lord Bathurst était trop habile pour ne pas percevoir le danger de se mettre en rapports directs avec le déserteur de Sainte-Hélène. Il affecta de traiter de loin cette affaire comme s'il s'en désintéressait. Mais, dès le I6 mai, il notifiait à Sir Hudson Lowe les conclusions qu'il convenait d'en tirer. Puisque les comptes rendus du Dr O'Meara sont faux, disait-il en substance, il est nécessaire de lui faire quitter l'île.

(…)


Le congrès d'Aix-La-Chapelle.


La supplique de Las Cases et des Bonaparte aux souverains alliés, «dévoilait le projet, non d'améliorer la situation du prisonnier, mais de multiplier les chances de son évasion en fatiguant, s'il leur était possible, la vigilance du gouvernement anglais et de ses agents».

Napoléon était ouvertement accusé de simulation: « Il se dit malade et il refuse la visite d'aucun autre médecin que de celui qui était devenu son complice et qui même n'a jamais pu certifier que le général Buonaparte fût travaillé d'aucune indisposition sérieuse ou apparente dont quelques jours d'exercices ne le délivreraient complètement. »

Les révélations de Gourgaud servaient de base à cette imputation : "Ayant pris un ton de franchise suspect il a révélé néanmoins des particularités qui ne peuvent manquer d'attirer l'attention des Alliés. Buonaparte, selon lui, n'excite envers le gouverneur de Sainte-Hélène toutes les tracasseries dont il le fatigue que pour mieux cacher ses véritables desseins. Le projet d' évasion a été agité par les gens attachés à sa suite et il aurait été exécutable si leur chef n'avait pas mieux aimé le différer. Le moment de l'exécution de ce projet devait coïncider avec celui de l'évacuation du territoire français par les troupes alliées et avec les troubles que cet événement aurait fait naître. »

Le rapport concluait que « ces renseignements combinés avec les espérances et les sentiments de tout ce résidu criminel des temps révolutionnaires méritent une attention suivie de la part des gouvernements».
Suivaient huit articles qui approuvaient toutes les précautions prises par le chevalier Lowe en conformité des instructions qu'il avait reçues.


(extraits des Espoirs de Napoléon à Sainte-Hélène, p 252-263 - Paris, Payot 1938)


Gourgaud d'après Jacques Macé.



A Longwood, Gourgaud a pour fonction officielle la charge de l'écurie et il est parmi les premiers à souffrir de la dysenterie.
Son célibat, son isolement relatif aigrissent son caractère. Alors que le seul motif de son exil est le désir de vivre au contact de son idole, de partager son intimité, il est ulciré le voir Las Cases devenir le confident de l 'Empereur, alors qu'il est lui-même cantonné dans le récit de la campagne de 1815.
Sa recherche désespérée d'une « fiancée» amuse ses compagnons.
Le départ de Las Cases fait renaître ses espoirs mais il a la douleur de voir alors le couple Montholon ocuper une situation privilégiée auprès de l'Empereur. En proie à des crises de jalousie, passant de la furie à la dépression, Gourgaud se défoule dans son Journal, se voyant partout des ennemis, en particulier les Montholon et le maître d' hôtel Cipriani, lui aussi très proche de Napoléon. Les rumeurs sur la liaison de l'Empereur et de la comtesse de Montholon ont essentiellement Gourgaud pour origine.
Napoléon est excédé par les récriminations et jérémiades de son aide de camp. La crise atteint son paroxysme fin janvier 1818, lorsque Gourgaud provoque en duel Montholon. Napoléon intervient et lui conseille de partir. Le général quitte Longwood le 13 février, immédiatement pris en main par les Anglais.
À son arrivée à Londres, Gourgaud est reçu par le sous-secrétaire d'État Goulburn devant lequel il ne dit rien de plus que ce qu'il a déjà déclaré à Hudson Lowe, si bien que Bathurst ne juge pas utile de le recevoir. Déçu par le manque de considération dont il est l'objet et se ressaisissant, Gourgaud retrouve sa ferveur napoléonienne.
En mars 1821, il est enfin autorisé à rentrer en France et, en septembre, il retrouve à Londres ses « compagnons » Bertrand et Montholon avec lesquels il se réconcilie et s'associe pour la publication des Mémoires pour servir à l'histoire de France sous Napoléon.
La révolution de 1830 relance sa carrière militaire. Il est nommé inspecteur général de l'artillerie et aide de camp du roi Louis-Philippe.
Il milite pour le retour en France des Cendres de l'Empereur et, en 1840, retourne à Sainte- Hélène pour superviser avec le général Bertrand l'opération d'exhumation. Là encore, son caractère difficile crée une situation conflictuelle à bord de la Belle Poule.
Pair de France jusqu'en 1848, il est élu député de la IIe République, perd toutes ses fonctions après le coup d'État du 2 décembre 1851 et meurt le 28 juillet 1852 avant le rétablissement de l'Empire.

Certains historiens, dont Frédéric Masson, ont été très sévères envers le général Gourgaud dont, effectivement, le comportement à Sainte-Hélène prête à la critique. Il est certain que la situation de stress résultant de ses conditions de vie à Longwood a provoqué chez lui des réactions psychotiques que l'on ne savait pas alors analyser et prévenir. Malgré les difficultés qu'il a rencontrées à son retour en Europe, il s'est débarrassé rapidement de ses névroses et a joué un rôle important dans le développement de la légende napoléonienne. Trop simple, trop direct, égocentrique, il n'avait pu s'imposer face à des personnages retors comme Las Cases ou les Montholon mais il avait certainement raison en écrivant à Napoléon au moment de son départ: « Qu'en pensant à moi, Votre Majesté dise: celui-là au moins avait un cœur. »


(Dictionnaire historique de Sainte-Hélène - Tallandier, 2004 - extraits des p 233-236)



Gourgaud par Jacques Le Brethon - sept 1990, Écrits de Paris



L'Agent secret de Sainte-Hélène


L'EPOPEE napoléonienne, quelque jugement qu'on puisse, selon ses nationalités et ses préférences personnelles, porter sur elle ainsi que sur l'Empereur et ses proches, ne finira jamais de susciter l'intérêt du public comme les recherches des historiens.

L'érudit bibliothécaire (B.N.) Paul Le Brethon (mon grand père) qui fut de 1892 à 1915 l'archiviste de la famille Murat, a eu en son temps accès à une quantité exceptionnelle de documents. Au cours des travaux qu'il effectua pour la mise en ordre puis l'édition des papiers et souvenirs du roi Murat, il fut amené à faire une découverte, restée inédite, mais qui ne manque pas d'intérêt pour la petite Histoire.

Le vicomte Grouchy avait publié vers 1900 un "journal" intime tenu par le général Gourgaud à Sainte-Hélène. Un historien de l'époque, Frédéric Masson, invité imprudemment peut-être à intervenir dans cette édition, avait ajouté des commentaires personnels si désagréables que le baron Gourgaud, descendant du général, ulcéré à juste titre, demanda des excuses (qu'il obtient d'ailleurs) de l'historien. L'affaire devait en rester là pour Masson. Mais, désireux de savoir pièces en main, toute la vérité pour le cas où celui-ci aurait récidivé, le baron invita Paul Le Brethon à faire l'inventaire systématique des papiers de son ancêtre, compagnon de l'Empereur à Sainte-Hélène.

A première vue et de sa main même, le général Gourgaud donnait de sa personnalité une opinion antipathique. Volontaire, certes, il l'avait été pour tenir compagnie à Napoléon exilé, mais bientôt sa rancoeur s'était donné libre cour. Elle s'exhala sans réserve aucune, en dénonçant les côtés mesquins de l'existence menée à Longwood, les coteries et les chamailleries des Français de la petite Cour, leur jalousies pour capter les bonnes grâces de l'Empereur captif. Gourgaud se révélait homme de très mauvais caractère, insupportable, en arrivant à se fâcher avec tout le monde, y compris Napoléon .

Un tel comportement n'était pas pour déplaire au geôlier Hudson Lowe: pendant que les Français se querellaient ainsi, ils ne pensaient pas à l'ennuyer, lui, en revendiquant une amélioration du sort de l'auguste prisonnier. Quelques fidèles, lassés, finirent par demander leur rapatriement qui fut accordé par l'Empereur et par les Anglais. Les candidats au retour en France furent minutieusement fouillés (Hudson Lowe, homme soupçonneux au possible, ne laissait rien au hasard) avant d'être autorisés enfin à quitter Sainte-Hélène.
Gourgaud, lui, continua un certain temps encore à empoisonner la vie de son entourage jusqu'au jour où, n'y tenant plus, apparemment, il demanda et obtint à son tour son rapatriement. Hudson Lowe le lui accorda sans difficulté. Fâché officiellement avec Napoléon, Gourgaud, de ce fait, étant bien vu des Anglais, put donc emporter ses bagages et ses papiers à destination de l'Angleterre où il avait demandé à résider. Il vécut effectivement à Londres pendant quelques mois et y publia, en 1818, une "Relation de la campagne de 1815". Suivant la version officielle ,cette "Relation" déplut au gouvernement de Londres qui la fit saisir et Gourgaud fut expédié en Allemagne .
Telle est la version couramment admise par les historiens.

Mais les archives confiées à Paul Le Brethon en 1900-1902, devaient livrer une vérité bien différente. L'archiviste fut invité par le Prince Murat et le baron Gourgaud en l'hôtel de ce dernier aux Champs-Elysées; il y avait là un musée privé des collections napoléoniennes de feu le réputé grincheux général. Parmi tant de pièces de valeur figurait le manuscrit qui avait servi à Frédéric Masson pour son livre. Tout de suite l'archiviste spécialisé se rendit compte que l'édition avait été sommaire et incomplète: l'écriture très fine et difficile à lire était parsemée à chaque page de signes conventionnels connus seulement de Gourgaud et que personne n'avait eu ni n'aurait les moyens de déchiffrer. Mais ce n'était encore là que la moindre des surprises pour le chercheur. La baronne Gourgaud fit descendre du grenier une pleine caisse de papiers anciens. Lisons maintenant ce qu'en dit Paul Le Brethon lui-même:

"-Quelle ne fut pas ma surprise en trouvant, d'abord un cahier de l'écriture même de Gourgaud et du format du "Journal", relatant l'histoire de son arrivée et de son séjour à Londres et celle de sa déportation à Hambourg, document précieux échappé au vicomte Grouchy et par conséquent à Frédéric Masson.
-"Dans ce cahier d'une vingtaine de pages, Gourgaud relate minutieusement ses faits et gestes pendant son séjour à Londres, ses démarches auprès des ministres anglais, particulièrement ses entrevues avec Goulburn, sous-secrétaire d'état à la guerre. Un fait noté certain jour me frappa:
"-J'ai vu hier nos jeunes gens, ils sont maintenant près de 500 et sont fous de l'Empereur. "Deux ou trois jours après, Gourgaud était entouré subitement dans la rue par des policiers et, sans aucune forme de procès, embarqué séance tenante sur un bateau en partance pour Hambourg. Il ne lui fut, du reste fait aucun mal. Goulburn ne tenait pas sans doute (et pour cause) à ébruiter ses entrevues avec Gourgaud et à avouer qu'il avait été dindonné par celui-ci, qui probablement essayait d'organiser à Londres même, une expédition aussi folle qu'audacieuse pour tenter d'enlever le captif de Sainte-Hélène. L'Empereur lui avait remis, en effet, une lettre autographe et signée de lui, découpée en forme de semelle, que j'ai retrouvée chez Gourgaud": "Je prie mon frère Joseph de remettre au Général Gourgaud porteur de cette lettre, la somme de cent mille francs."

"L'Empereur meurt en 1821. En même temps que les autres exilés de Sainte-Hélène Gourgaud rentre en France. Quelle va être l'attitude de ceux-ci vis à vis du compagnon qui les a quittés, semble-t-il, fâché à mort avec eux? Une lettre du général de Montholon, écrite au début de 1823 et retrouvée par moi dans la correspondance de Gourgaud, l'assure de son inaltérable amitié, de son désir de le revoir et plus tard Montholon écrira avec Gourgaud la "Relation de la captivité de Sainte-Hélène". Bertrand envoie également à Gourgaud son bon souvenir.

"Il est facile de conclure: Gourgaud a quitté Sainte-Hélène d'accord avec l'Empereur, fâché seulement en apparence avec lui. Napoléon, privé de tout contact avec l'Europe, a dû imaginer un plan pour communiquer, malgré Hudson Lowe, et chaque exilé de Sainte-Hélène a joué un rôle dans le scénario. Gourgaud a été le mauvais garçon, honni de tous, même de l'Empereur, pour cela même "persona grata" auprès d'Hudson Lowe qui a facilité son retour en Angleterre. Gourgaud a joué un rôle dicté par Napoléon et je crois que celui-ci ne l'a pas oublié dans son testament."

Pour l'Histoire, le général Gourgaud sort non seulement réhabilité de cette enquête, mais singulièrement grandi: loin d'avoir été un mauvais compagnon pour l'Empereur, il fut au contraire choisi par lui entre tous les fidèles de la petite Cour de Longwood pour jouer un rôle délicat à l'extrême et demandant à la fois beaucoup de courage, de constance pendant de nombreux mois ainsi qu'un réel talent de comédien pour donner le change aux non-initiés, aux Anglais notamment. Une fois la première partie du programme réalisée, la sortie de Sainte-Hélène avec les documents, il restait à Gourgaud, agent secret arrivé en Europe, à organiser l'évasion du prisonnier depuis Londres même et en manoeuvrant le ministre Goulburn.
Si le projet échoua, éventé malheureusement trop tôt, du moins Gourgaud eut-il la vie sauve. Car un procès ou même sa mort expéditive eussent attiré l'attention sur un complot que les Anglais aussi bien que les Bourbons régnant alors en France n'avaient aucun intérêt à ébruiter .
Le secret de cette aventure sans lendemain est resté enfoui depuis dans les archives et le coup de lumière qu'à projeté sur cette affaire Paul Le Brethon vers 1902 ne s'est pas traduit en publications écrites. Nul musée public connu n'expose la lettre autographe de Napoléon, découpée en forme de semelle, pièce à conviction essentielle du complot.
Affabulation, extrapolation, imagination? Outre que le caractère de l'archiviste cité, renommé pour son sérieux dans les milieux qui faisaient appel à lui, exclut a priori toute possibilité d'une invention de sa part. Il reste, par ailleurs, une preuve morale de la véracité de l'affaire. Que les généraux Montholon et Bertrand, de retour en France et dorénavant libres aient assuré Gourgaud de leur inaltérable amitié suffirait d'ailleurs à réhabiliter ce dernier. Durant la Restauration, les rescapés de Sainte-Hélène se devaient de demeurer discrets sur un passé si proche. Cependant les termes employés par les généraux à l'égard de leur ex-co-exilé ne sont pas ceux qu'on adresse souvent à un personnage réputé exécrable ou à un traître. On peut supposer que Montholon et Bertrand devaient en savoir long sur les états de services réels de Gourgaud qui avait su habilement jouer le rôle d'un personnage désagréable et accepter de passer pour un traître.

"....comme pour ceux d'autres messagers secrets encore inconnus à ce jour, justice soit rendue au périlleux courage d'agents simulant au service de leur cause des tares caractérielles qu'ils étaient loin d'avoir."


Merci à BBea53.


Une action d'éclat mémorable.



Le général Gourgaud - Jacques Macé - éd Nouveau Monde - 2006 - p.102


Tandis que les combats se poursuivent dans les rues de Brienne et que les Autrichiens arrivent en renfort de Bar-sur-Aube, Napoléon décide d’établir ce soir-là son quartier général à Maizières qu’il gagne à la tombée de la nuit. La suite nous est contée avec précision par le baron Fain :

« Napoléon précédait ses aides de camp de quelques pas, écoutant le colonel Gourgaud qui lui rendait compte d’une manœuvre. Les généraux de sa suite suivaient, enveloppés dans leurs manteaux. Le temps était très noir et, dans la confusion de ce campement de nuit, on ne pouvait guère se reconnaître que de loin en loin, à la lueur de quelques feux. À un moment, une bande de cosaques, attirés par l’appât du butin et le bruit de nos caissons, se glisse à travers les ombres du camp et parvient jusqu’à la route. Le général Dejean se sent pressé brusquement, il se retourne et crie : « Aux Cosaques ! » En même temps il veut plonger son sabre dans la gorge de l’ennemi qu’il croit tenir ; mais celui-ci échappe, et s’élance sur le cavalier en redingote grise qui marche en tête. Corbineau se jette à la traverse; Gourgaud a fait le même mouvement, et, d’un coup de pistolet à bout portant, il abat le cosaque aux pieds de Napoléon. L’escorte accourt, on se presse, on sabre quelques cosaques ; le reste de la bande, se voyant reconnu, saute les fossés et disparaît. »

Le fait est mentionné ainsi dans les états de service officiels du Général Gourgaud : « Le 29 janvier 1814, il a tué d’un coup de pistolet à bout portant un cosaque qui était sur le point de percer l’Empereur d’un coup de lance. »


Remarques d'Albertuk.


Petit écart.



Le général Gourgaud - Jacques Macé - éd Nouveau Monde - 2006 - p.114


Le 10 juillet, Gourgaud est confirmé dans le garde de colonel d’artillerie à cheval, le 7 novembre il est nommé chef d’état-major de l’artillerie de la 1 re division militaire et le 14 novembre il reçoit la croix de Saint-Louis. Sans l’avoir sollicité, il est également inscrit dans les rangs des gardes du corps du roi, ce qu’il cherchera à dissimuler à Sainte-Hélène et sous la monarchie de Juillet. En décembre, au château de Vincennes, il a l’honneur de présenter aux ducs d’Angoulême et de Berry un nouveau modèle de fusil. Sa carrière est donc bien repartie.


Cent-Jours.



Le général Gourgaud - Jacques Macé - éd Nouveau Monde - 2006 - p.116


Laissons la parole au capitaine Planat :

« Le lendemain, nous étant procuré des chevaux et ayant revêtu nos uniformes, nous nous rendîmes, Résigny, Briqueville et moi, chez Gourgaud, ne doutant pas qu’il ne fût prêt à se joindre à nous. Nous le trouvâmes couché, se disant très malade, et ayant un grand bol de médecine sur sa table de nuit. Il nous dit, d’un ton languissant, qu’il avait une inflammation d’entrailles, qu’il enviait notre sort et se trouvait bien malheureux d’être hors d’état de témoigner son dévouement à l’Empereur. »

Les officiers partent sans lui et rencontrent le cortège de Napoléon entre Juvisy et Villejuif et, par la barrière du Mont-Parnasse, le boulevard des Invalides et le pont de la Concorde, l’accompagnent dans une immense liesse populaire jusqu’aux Tuileries où, à 23 heures, le général Drouot invite Planat, son ancien aide de camp, à le rejoindre dès 7 heures le lendemain matin. Le 21 mars, Planat a une surprise :

« Lorsque je descendis au salon de service, la première personne que j’aperçus fut Gourgaud en grand uniforme d’officier d’ordonnance. « Tiens, lui dis-je, vous n’êtes plus malade ? » Il me répondit : « L’arrivée de l’Empereur m’a rendu la santé. » Il paraissait gai, il riait et faisait des, plaisanteries auxquelles personne ne répondait. Cependant cette bonne contenance dura peu ; l’Empereur ayant refusé de le voir, il en conclut un immense chagrin : ce qui ne l’empêcha pas pourtant de s’installer, bon gré mal gré, dans une petite chambre des combles du château. Il y resta huit jours sans pouvoir arriver à ses fins. Il s’abandonnait sans contrainte à sa douleur : il criait, il pleurait et jurait chaque jour qu’il allait se brûler la cervelle si l’Empereur ne voulait pas le revoir. Nous allions de temps en temps avec Briqueville pour le consoler, en lui disant de prendre patience, qu’avec l’Empereur il n’y avait jamais de disgrâce complète, ce qui était vrai, et qu’il finissait toujours par revenir. Effectivement, après cette épreuve de huit jours, Gourgaud reçut le prix de sa persévérance. Il obtint son pardon et par suite la confirmation de son grade de colonel, et le titre de premier officier d’ordonnance, car il était le seul qui restait de l’ancienne promotion de 1812-1813. »


Vers Sainte-Hélène.



Le général Gourgaud - Jacques Macé - éd Nouveau Monde - 2006 - p.139


Le docteur Warden, chirurgien du Northumberland, l’observe avec amusement et s’en fait l’écho :

« Le général Gourgaud nous a distraits en nous rapportant de nombreux incidents dont il a été personnellement témoin au cours des guerres de Russie et de la Péninsule. […] Il a évoqué l’intensité du froid en Russie avec un étonnement qui nous a un peu amusés. Vous imaginerez facilement quel surprenant contraste un Français né sous un si beau climat, trouvait à se voir en une région où les larmes se congelaient sur les joues, où les soldats, hébétés par le froid, tombaient, expiraient à l’instant même où ils se secouaient pour se ressaisir. »


Sainte-Hélène.



Le général Gourgaud - Jacques Macé - éd Nouveau Monde - 2006 - p.151


Mi-décembre, avant même l’expulsion de las Cases, les relations se sont envenimées entre Gourgaud et le couple Montholon. En effet, durant les travaux de remise en état de son salon après l’incendie, Napoléon avait pris l’habitude de venir chaque jour passer quelques heures dans celui de la comtesse de Montholon. Mais maintenant c’est Albine de Montholon qui se rend fréquemment chez l’Empereur, sans avoir été appelée, et même parfois à l’heure de sa toilette. Gourgaud voit de nouveaux liens intimes se mettre en place alors qu’il espérait bien occuper la place libérée par le départ de Las Cases. A partir de ce moment, se développe dans son esprit un véritable sentiment de haine qui va aller crescendo et conduire, quatorze mois plus tard, à son départ de l’île. Estimant que c’est Montholon qui pousse son épouse à avoir ce comportement, Gourgaud le provoque en duel au pistolet. Il demande à Bertrand d’être son témoin mais celui-ci en informe l’Empereur qui doit une nouvelle fois s’entremettre pour calmer le jeune et bouillant officier dont l’adoration commence à le lasser. Cela nous vaut un long panégyrique dans lequel Gourgaud ressasse tous les hauts faits d’armes qui devraient lui valoir une exceptionnelle reconnaissance de la part de l’Empereur : la découverte de la bombe du Kremlin, le passage de la Bérézina à la nage, l’affaire de Dresde, le cosaque de Brienne, la reprise de Reims. Le jour de Noël, Napoléon fait une mise au point on ne peut plus claire :

« Vous avez cru, en venant ici, être mon camarade, je ne le suis de personne. Personne ne peut prendre d’empire sur moi. Vous voudriez être le centre de tout ici, comme le Soleil au milieu des planètes ? C’est moi qui dois être le centre. Vous m’avez causé tous mes soucis depuis que nous sommes ici ; si j’avais su, je n’aurais amené que des domestiques je puis fort bien vivre tout seul et puis, quand on est trop las de la vie, un coup de poignard est vite donné. Si vous êtes si mal, plutôt que de chercher querelle à M. de Montholon, vous pouvez nous quitter. »


Lettre à Montholon - Le général Gourgaud - Jacques Macé - éd Nouveau Monde - 2006 - p.164


Le 4 février, Gourgaud adresse le cartel suivant à Montholon :

« J’avais oublié vos anciens torts, Monsieur, ou plutôt je vous les avais pardonnés. J’espérais que vous changeriez, je ne suis trompé. Vous paraissiez destiné à me nuire dans toutes les circonstances. Avant que vous ne fussiez auprès de l’Empereur, depuis longtemps j’étais bien avec lui ; depuis que vous y êtes, je suis mal. Vous êtes la cause des mauvais traitements dont il m’accable : ils sont devenus tels qu’il ne n’est plus permis de les supporter sans me déshonorer. C’est vous, Monsieur, qui êtes l’auteur de tous mes malheurs, je vous en demande satisfaction. J’espère que vous savez pourquoi j’ai différé jusqu’à ce jour. Par ce que j’ai souffert, on pourra apprécier l’attachement que j’avais pour l’Empereur.
Vous avez cru triompher en me réduisant à cette dure extrémité de partir. Vous avez cru que mon départ serait attribué au manque du courage nécessaire dans une situation comme la mienne ici. Vous avez cru que cela vous ferait valoir davantage, vous qui restez.
[…]
Forcé de me séparer de l’Empereur à qui j’avais sacrifié toute mon existence, pour qui j’ai tout quitté, pour qui j’ai tout perdu, je ne partirai qu’après m’être vengé du succès de vos intrigues et de vos manœuvres. Ou bien je tomberai sous vos coups, mais au moins d’une manière plus honorable et plus digne d’un homme de cour que celle que vous avez employée jusqu’ici et, quel que soit mon sort, j’emporterai l’estime de tous les honnêtes gens. Voilà, Monsieur, comment je veux quitter Longwood.»



Lettre à Napoléon - Le général Gourgaud - Jacques Macé - éd Nouveau Monde - 2006 - p.166


Le 13 février 1818

« Sire, au moment de m’éloigner de ce séjour, j’éprouve un sentiment bien douloureux. J’oublie tout ; je ne suis occupé que de la pensée que je vais me séparer pour jamais le celui a qui j’avais consacré toute mon existence.
[…]
J’ose espérer, Sire, que vous conserverez quelque souvenir de mes services et de mon attachement et qu’enfin, si j’ai perdu votre bienveillance, je n’ai pas perdu votre estime.
[…]
Plaignez mon sort et qu’en pensant quelquefois à moi, Votre Majesté dise : « Celui-là au moins avait un cœur.»


Insensible à cet épanchement, Napoléon dicte sa réponse sur le ton le plus neutre :

« Monsieur le général baron Gourgaud, je vous remercie des sentiments que vous m’exprimez dans votre lettre d’hier. Je regrette que le mal de foie qui est si funeste dans ce climat ait nécessité votre départ. Vous êtes jeune, vous avez du talent, vous devez parcourir une longue carrière. Je désire qu’elle soit heureuse. Ne doutez jamais de l’intérêt que je vous porte. »


A Londres.



Le général Gourgaud - Jacques Macé - éd Nouveau Monde - 2006 - p.170


Gourgaud est immédiatement reçu et interrogé par Henry Goulburn, le sous-secrétaire d’État aux colonies, adjoint de lord Bathurst, qui se trouve en possession des messages faisant état des dispositions coopératives du général envoyés par Hudson Lowe. Goulburn prétendra que Gourgaud a répété devant lui les révélations faites à Plantation House. En revanche, le Journal de Gourgaud laisse entendre que dès ce moment il a conscience d’être tombé dans un traquenard :

« Il [Goulburn] me presse pour savoir comment on communique, comment Napoléon a reçu des sommes considérables en or, etc. Que si je ne veux pas parler, on fera de nouvelles restrictions plus dures, etc. Il me fait attendre une heure. Les menaces n’obtiennent rien de moi [1]. Je ne compromettrai personne. Me dit que demain, je verrai lord Bathurst. Je suis de mauvaise humeur de tout ce qu’il m’a dit. Que ma position est affreuse ! Quand pourrai-je me venger de ce à quoi tu m’as réduit? Seul, abandonné, persécuté, que vais-je devenir ? Mais plutôt mourir que de me conduire autrement qu’en homme d’honneur. »

Il est aussi longuement reçu par le marquis d’Osmond, ambassadeur de Louis XVIII à Londres, qui ne peut lui garantir l’immunité s’il se rend en France et lui conseille, s’il veut rentrer bientôt, de ne pas rencontrer les Français exilés à Londres ou les soutiens de Napoléon dans le parti whig, comme lord et lady Holland, lord Grey, lord Brougham [2]. Et bien sûr le marquis fait allusion au comportement de Gourgaud vis à vis du duc de Berry en mars 1815. Gourgaud doit préciser que, malgré sa nomination dans les gardes du corps, il n’a jamais appartenu de facto à la Maison du roi. D’Osmond le croit à demi.

[1] Voyez également la note d'Albertuk.
[2] Voyez également la note d'Albertuk.


Le général Gourgaud - Jacques Macé - éd Nouveau Monde - 2006 - p.173


Après ses entrevues avec Goulburn ainsi qu’avec les ambassadeurs russe et français à Londres, il s’est rendu compte que l’on a exploité sa furie, ses imprudences de langage et que, par son comportement, il s’est fait du tort à lui-même. Revivant son passé, il réalise que celui-ci s’inscrit dans l’histoire et que sa présence à Sainte-Hélène lui donne une place de choix dans la légende en train de se construire. Là et uniquement là est sa place vis à vis de ses contemporains et de la postérité. Il retrouve dès lors une ferveur napoléonienne ne va plus l’abandonner jusqu’au jour de sa mort.


A la mort de l'Empereur.



Le général Gourgaud - Jacques Macé - éd Nouveau Monde - 2006 - p.187


L’annonce du décès de Napoléon provoque chez Gourgaud un profond et public désespoir. Il va être parmi les tout premiers à réclamer le retour de la dépouille en Europe et sa remise à la famille impériale, avant que les circonstances ne permettent de l’inhumer à Paris, « au milieu de ce peuple français qu’il avait tant aimé », suivant l’évocatrice formule du testament de l’Empereur. C’est le début d’un combat sans relâche qui va durer dix-neuf ans.
Dès le 7 juillet, Gourgaud figure parmi les signataires d’une adresse aux membres de la Chambre des députés, en compagnie de ses amis les colonels Fabvier et Briqueville : « la France ne peut souffrir que celui qui fut son chef : que celui qu’elle salue du nom de Grand et du titre d’Empereur, demeure comme un trophée aux mains des étrangers. » II l’accompagne d’une lettre personnelle de huit pages :

« Messieurs, Napoléon n’est plus ! La mort de celui qui a réglé vingt ans la fortune de la France ne peut pas être sans conséquence pour elle. L’absence d’un tel homme ne se fait pas moins sentir que sa présence. Il doit encore exercer une nouvelle influence sur notre destinée par cela même qu’il a cessé d’être…

Napoléon n’est plus ! Son ambition qu’on a tant accusée ne pèse plus sur l’Europe et l’Europe est encore esclave ! Veuve de gloire, encore stérile pour la liberté, l’Europe semble retomber dans le chaos. Gloire, bonheur, prospérité, clémence des saisons, ont fui l’ancien monde et ont passé les mers avec 1’étoile de Napoléon !

Napoléon n’est plus ! Ses empoisonneurs se réjouissent du succès de leur crime et refusent aux amis fidèles de l’infortuné proscrit, la consolation de pleurer ses cendres.
[…] Français, réunissons nos efforts et nos vœux pour réclamer les cendres de Napoléon, tâchons d’éviter à notre patrie et à l’Europe la honte dont la flétrirait la postérité si elle refusait un asile aux cendres de celui qu’elle salue du nom de Grand, d’Empereur.
[…] Français, demandons que les restes mortels de Napoléon nous soient rendus pour être inhumés en France, si sa famille ne les réclame.

Le général Gourgaud ex-aide de camp de l’Empereur Napoléon. »




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