Les acteurs: David .


David, Jacques-Louis - Paris, 30 août 1748 - Bruxelles, 29 décembre 1825.



Jacques-Louis David, auto-portrait 1794




Né à Paris, dans une famille de la petite bourgeoisie, son père, Louis-Maurice David, est marchand-mercier de fers en gros à Paris. Sa mère Marie-Geneviève, née Buron, appartient à une famille de maîtres-maçons.
Le jeune David est mis en pension au couvent de Picpus jusqu'au 2 décembre 1757, date à laquelle son père meurt, à l'âge de trente-cinq ans. David a alors neuf ans et sa mère fait appel à son frère François Buron pour l'aider à s'occuper de l'éducation de son fils.

En 1764 David, après avoir appris le dessin à l'Académie Saint-Luc, est mis en relation par sa famille avec François Boucher, premier peintre du roi, afin d'être formé au métier de peintre. Malade et trop âgé pour enseigner (il meurt en 1770), il estime que le jeune David pourrait tirer un meilleur bénéfice de l'apprentissage des nouvelles tendances picturales que peut lui apporter Joseph-Marie Vien.



Joseph Marie Vien, peint par Joseph Siffred Duplessis (1784).



En 1766, sous l'égide de Vien mais encore influencé par l'esthétique de Boucher, David commence à étudier l'art à l'Académie royale dont l'enseignement devait permettre aux élèves de concourir pour le prix de Rome.
En 1771, il obtient le second prix.
En 1772, il manque de nouveau le premier prix.
En 1773, c'est encore un échec.
Ne pouvant recevoir deux fois le second prix, en guise de consolation l'Académie lui décerne le prix de l'Étude des têtes et de l'expression pour son pastel intitulé La douleur.
Ces échecs successifs ont une incidence sur l'opinion de David contre l'institution académique. En 1793 il s'en sert d'argument lorsqu'il fait adopter le décret pour la suppression des académies.

En 1774, il gagne finalement le premier Prix de Rome qui lui permet de séjourner pendant quatre ans au Palais Mancini alors résidence de l'Académie de France à Rome.

De juillet à août 1779, David se rend à Naples en compagnie du sculpteur François Marie Suzanne. Ce séjour où il visite les ruines d'Herculanum et de Pompéi est à l'origine de sa conversion au nouveau style inspiré de l'antiquité.

David quitte Rome le 17 juillet 1780.
Il arrive à Paris à la fin de l'année.
Il épouse en 1782 Marguerite Charlotte Pécoul, de dix-sept ans plus jeune que lui. Son beau-père, Charles-Pierre Pécoul, est entrepreneur des bâtiments du Roi, et dote sa fille d'une rente de 50 000 livres, fournissant à David les moyens financiers pour installer son atelier au Louvre où il dispose aussi d’un logement. Elle lui donne quatre enfants, l'aîné Charles-Louis Jules David naît l'année suivante.
Il ouvre son atelier où il reçoit des candidatures de la part de jeunes artistes désirant faire leurs apprentissages sous son enseignement. Fabre, Wicar, Girodet, Drouais, Debret sont parmi les premiers élèves de David.
David est reçu comme membre de l'Académie, et prête serment le 6 septembre 1783.
Les succès de David comme artiste établi et reconnu par ses pairs, comme portraitiste de la haute société de son temps et comme professeur, l'exposent cependant aux jalousies de l'Académie. Le concours de 1786 pour le Prix de Rome est annulé car les artistes candidats sont tous des élèves de son atelier, et sa candidature pour le poste de directeur de l'Académie de France à Rome est refusée.
David fréquente depuis 1786 le milieu des aristocrates libéraux. En septembre 1789 prenant la tête avec Jean-Bernard Restout, des Académiciens dissidents un groupe fondé pour réformer l'institution des Beaux-arts, il demande la fin des privilèges de l’Académie, et notamment le droit aux artistes non-agréés de pouvoir exposer au salon.

Tout en poursuivant son activité artistique, il entre en politique, en prenant la tête en 1790 de la Commune des arts, issue du mouvement des Académiciens dissidents. Il obtient en 1790 la fin du contrôle du Salon par l’Académie des beaux-arts et participe comme commissaire adjoint au premier « Salon de la liberté » qui ouvre le 21 août 1791. En septembre 1790 il milite auprès de l’assemblée pour la suppression de toutes les Académies, la décision n'est entérinée par un décret soutenu par le peintre et l’abbé Grégoire que le 8 août 1793, entre temps il fait aussi supprimer le poste de directeur de l'Académie de Rome.
Dès août 1790, Charlotte David, en désaccord avec les opinions de son mari, engage leur séparation et se retire un temps dans un couvent.
Le 17 juillet 1791 David fait partie des signataires de la pétition demandant la déchéance de Louis XVI. En septembre de la même année il tente sans succès de se faire élire comme député à l'Assemblée législative. Son activité artistique se fait moins présente.
En 1792 ses positions politiques se radicalisent : le 15 avril il organise sa première fête révolutionnaire en l'honneur des gardes suisses de Chateauvieux qui s'étaient mutinés dans la garnison de Nancy. Son soutien à cette cause provoque la rupture définitive avec ses anciennes relations libérales.
Le 17 septembre 1792 il est élu 20e député de Paris à la Convention nationale. Il siège avec le parti de la Montagne.
Peu après le 13 octobre il est nommé au Comité d'instruction publique et à ce titre, est chargé de l'organisation des fêtes civiques et révolutionnaires, ainsi que de la propagande. Au Comité, de 1792 à 1794, il s'occupe de l'administration des arts, qui s'ajoute à son combat contre l'Académie. Également membre de la Commission des monuments, il propose l'établissement d'un inventaire de tous les trésors nationaux et joue un rôle actif dans la réorganisation du Muséum des Arts. Il conçoit au début de l'année 1794 un programme d'embellissement de Paris et fait installer les chevaux de Marly de Guillaume Coustou à l'entrée des Champs Élysées.
Du 16 au 19 janvier 1793 il vote pour la mort du roi Louis XVI, ce qui provoque la procédure de divorce intentée par son épouse.

Il peint, avec Marat assassiné (1793), un de ses tableaux les plus célèbres et emblématiques de sa période révolutionnaire, exposant le crime dans sa crudité.



Jean-Paul Marat.



A partir de la seconde moitié de l'année 1793 David occupe plusieurs postes à responsabilité politique, en juin il est nommé président du club des jacobins, le mois suivant il est secrétaire de la Convention. Il prend une part active dans la politique de la Terreur en devenant le 14 septembre 1793 membre du Comité de sûreté générale et préside la section des interrogatoires. À ce titre il contresigne environ trois-cent mandats d'arrestation, et une cinquantaine d'arrêtés traduisant les suspects devant le tribunal révolutionnaire. Il intervient entre autres dans l'arrestation de Fabre d'Églantine, ainsi que dans celle du général Alexandre de Beauharnais, et dans le cadre du procès de Marie Antoinette, il participe comme témoin à l'interrogatoire du Dauphin. Il n'interviendra pas pour empêcher l'exécution d'anciens amis, cependant il protégea Dominique Vivant Denon en lui procurant un poste de graveur, offrit un poste à Jean-Honoré Fragonard au Muséum des Arts, et aida son élève Antoine Jean Gros dont les opinions royalistes pouvaient en faire un suspect, en lui donnant les moyens de partir en Italie.
En 1794 David est nommé président de la Convention, fonction qu'il occupe du 5 au 21 janvier.

Après la chute de Robespierre, le 9 thermidor (27 juillet 1794), David est compris dans la proscription. Mais absent de la convention ce jour-là, ayant été prévenu par un ami, il échappe de justesse à l'échafaud. Dénoncé par Lecointre comme robespierriste il est mis en accusation et emprisonné à l'ancien Hôtel des Fermes générales, puis au Luxembourg. Ses étudiants se mobilisent et obtiennent sa libération le 8 nivôse an III (28 décembre 1794). Il est à nouveau emprisonné en 1795 avant d'être amnistié.
C'est à cette époque qu'il reprend contact avec son ex-épouse Charlotte qui lui pardonne ses actes et qui accepte de l'épouser à nouveau.

Dès les premiers succès de Bonaparte en Italie, David fut séduit car il retrouvait en lui ses héros légendaires. Vers la fin de l'an VI (1797), sa rencontre avec le jeune général Bonaparte achève de le convaincre et il fait son premier portrait qui demeure inachevé.
Il réalisa, pour le nouveau maître de la France puis de l'Europe, plusieurs tableaux à des fins de propagande et devint le peintre officiel du Premier Empire. Sa première représentation majeure fut Bonaparte au Grand-Saint-Bernard monté sur un cheval fougueux. David dont c'était la première grande réalisation pour Bonaparte voulut en faire un tableau symbolisant le conquérant dans la ligne d'Hannibal avec le nom de Bonaparte gravé sur une pierre, en bas, à gauche du tableau. Originellement la toile fut commandée par le roi d'Espagne. Il existe quatre autres exemplaires de ce tableau qui furent exécutés par l'atelier de David. Cette œuvre majeure reproduite en France dans tous les manuels d'histoire depuis Jules Ferry est un des rares portraits équestres de Napoléon.



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Le premier consul Bonaparte voulait nommer David « peintre du gouvernement » mais ce dernier refuse ce titre estimant mériter plus, et en 1804, le nouvel empereur l'investit dans la fonction de « premier peintre » . Ainsi à l'occasion des cérémonies du Couronnement, David reçoit commande de quatre tableaux dont il n'en exécutera que deux, « Le Sacre de Napoléon » et La Distribution des Aigles, à cause de difficultés de paiement.
Il réalisa Le Sacre de Napoléon en trois ans et disposa pour ce faire d'une loge à Notre-Dame d'où il put suivre les épisodes et les détails de la grandiose cérémonie.



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Dans le tableau La Distribution des Aigles il dut sur ordre de l'empereur réaliser deux modifications importantes : il vida le ciel de la « Victoire qui jette des lauriers aux officiers brandissant drapeaux et étendards » et après 1809 il fit disparaître de la scène Joséphine répudiée. La première modification rendit sans objet le mouvement de tête des maréchaux regardant désormais le vide à l'emplacement où se trouvait l'allégorie.



Jacques-Louis David: Le Serment de l'armée fait à l'Empereur après la distribution des Aigles au Champ-de-Mars le 5 décembre 1804.



Lors des Cent-Jours, le peintre conserva sa fidélité à l'Empereur en signant l' « Acte additionnel ».
Après la bataille de Waterloo, et le retour du roi Louis XVIII sur le trône, David, pour avoir signé l' « Acte additionnel », est définitivement proscrit du royaume de France et doit partir en exil, après la loi du 12 janvier 1816.
Dans un premier temps, il sollicite l'asile auprès de l'Italie qui le lui refuse. La Belgique plus libérale le reçoit et il retrouve à Bruxelles d'autres anciens conventionnels : Barrère, Pierre Joseph Cambon, Merlin de Douai, Thibaudeau, Alquier et Sieyès.



Portrait du peintre Jacques-Louis David (1817) par Navez, François-Joseph (1787, Charleroi - 1869,Bruxelles)



Il exécute de nombreux portraits pour vivre, mais ses capacités sont encore là, il n'a pas renoncé à la « grande manière » et reprend ses sujets liés à la mythologie grecque et romaine.
Refusant les généreuses interventions tendant à obtenir son retour en France, il restera en Belgique jusqu'à sa mort neuf ans plus tard malgré une amnistie. Dans ce pays, il a enfin trouvé la quiétude et, presque octogénaire, il exécute sans commanditaire en 1824, un tableau de plus de trois mètres de haut, « Mars désarmé par Vénus et les Grâces ». Ce fut sa dernière grande œuvre et David mourut l'année suivante, en 1825.


Quelques oeuvres de David.



La douleur - pastel sur papier


Le serment du jeu de paume


Napoléon


Pie VII


Madame Récamier


Léonidas aux Thermopyles (1814)




Sources: Wikipedia
Dictionnaire du Consulat et de l'Empire



David dans son atelier



Merci à Jérôme Croyet.



Post-mortem



David au cimetière d'Evere (Bruxelles)






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