Les acteurs: La Bédoyère.



La Bédoyère, Charle Angélique François Huchet, comte de la Bédoyère
Paris, 17 avril 1786 - Paris 19 aout 1815.





Brié et Angonnes, 7 mars 1815.


La Bédoyère se rallie à Napoléon, revenu de l'île d'Elbe.

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Paris, 23 juin 1815, La Bédoyère défend les droits de Napoléon II - Georges Blond, Les Cent-Jours – p 315



23 juin 1815 Chambre des Pairs.
Louis de Doulcet prend la parole :

- Je le demande au Prince (Lucien Bonaparte) : à quel titre parle-t-il dans cette Chambre ? Est-il français ? Je ne le reconnais pas comme tel. Il est prince de Canino, prince romain, et Rome ne fait plus partie du territoire français. Je déclare fermement, quels que soient mon respect et mon dévouement pour l’Empereur, que je ne reconnaîtrai jamais pour roi un enfant, pour souverain, celui qui ne résiderait pas en France.

Vifs applaudissements. Cependant, au sein de cette assemblée, un homme étouffait d’indignation, le jeune colonel de La Bédoyère. Il avait été l’un des derniers à quitter le champ de bataille de Waterloo. Il bondit à la tribune :

- Je les connais, ces constants adorateurs du pouvoir ! Je les ai vus autour du trône, aux pieds du souverain heureux. Ils s’en éloignent quand il est dans le malheur. Ils repoussent aussi Napoléon II parce qu’ils sont pressés de recevoir la loi des étrangers, à qui ils donnent déjà le nom d’alliés, d’amis peut-être. Malheur à ces généraux vils qui l’ont déjà abandonné et qui, peut-être en ce moment, méditent de nouvelles trahisons ! Où sont donc leurs serments, leurs promesses ?

Folie d’imprudence. De la rumeur des protestations s’éleva la voix du maréchal Masséna, duc de Rivoli, prince d’Essling :

- Jeune homme, vous venez de vous oublier !

- Il se croit encore au corps de garde, ajouta le général comte de Lameth.

La Bédoyère tenait tête à l’orage, sa voix dominait le tumulte :

- Il est donc décidé, Grand Dieu ! qu’on n’entendra jamais dans cette enceinte que les voix de la bassesse !

C’en était trop, on l’arracha à la tribune. Il venait de signer son arrêt de mort : fusillé le 19 août 1815.












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